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mercredi 15 février 2017

L' immunite parlementaire

Extrait du site Actualites droit belge.be ...

En vertu des articles 58 et 120 de la Constitution, un parlementaire ne peut être poursuivi ou recherché à l'occasion des opinions et votes émis par lui dans l'exercice de ses fonctions 1. Cette irresponsabilité parlementaire a une portée absolue et générale, c'est-à-dire qu'elle vaut aussi bien sur le pan pénal que sur le plan civil et disciplinaire 2.
Il en découle qu'un vote ou une opinion parlementaire ne peut donner lieu à une action en responsabilité à l'encontre de l'Etat 3. Par ailleurs, cette irresponsabilité s'applique non seulement aux opinions individuelles émises par un parlementaire mais également à l'égard d'expressions d'opinion 'collectives', telles que les résolutions ou les rapports d'une commission parlementaire d'enquête 4.
A côté de cette irresponsabilité parlementaire, les articles 59 et 120 de la Constitution instaure un régime d'inviolabilité parlementaire pour toutes les infractions commises par un parlementaire dans ou en dehors de l'exercice de ces fonctions.
Pendant toute la durée de la session, un parlementaire ne peut, en matière répressive, ni être arrêté, ni être renvoyé ou cité directement devant une cour ou un tribunal, qu'avec l'autorisation de la chambre dont il fait partie 5.
Cette inviolabilité vaut non seulement pour les membres des assemblées fédérales mais également pour les membres de Conseil de communauté ou de région ainsi que pour les parlementaires européens de nationalité belge 6.
Elle s'applique dès que le parlementaire est élu, et ce quand bien même il n'aurait pas encore prêté serment, pour autant que la session ait déjà commencé 7.
Le régime d'inviolabilité implique que l'exercice de certains actes de procédure pénale nécessitent une autorisation préalable de l'assemble à laquelle appartient le parlementaire poursuivi, et ce afin de garantir le bon déroulement de la procédure parlementaire et le libre exercice du mandat parlementaire 8.
Par ailleurs, seul le ministère public peut mettre l'action publique en mouvement 9. La victime éventuelle n'a pas la possibilité de le faire en se constituant partie civile entre les mains du juge d'instruction.
Les actes d'instruction contraignants (ex : écoute téléphonique, test ADN,...) doivent être autorisés par le premier président de la cour d'appel, avec information du président de l'assemblée parlementaire concernée 10. En outre, la présence du président de l'assemblée parlementaire est requise en cas de perquisition ou saisie. 11
L'article 59 de la Constitution prévoit également qu'un parlementaire ne peut être arrêté ou placé en détention préventive qu'avec l'autorisation de l'assemblée dont il fait partie. Il en est de même si le ministère public décide de renvoyer ou de citer directement le parlementaire devant une cour ou un tribunal 12. C'est donc l'assemblée parlementaire concernée qui décide de lever ou non l'immunité parlementaire.
Ces règles ne sont toutefois pas applicables en cas de flagrant délit ou de flagrant crime, lequel se définit comme le délit ou le crime qui se commet actuellement, ou qui vient de se commettre. 13 Dans ce cas, aucune autorisation préalable de l'assemblée concernée n'est requise.
Par ailleurs, tout parlementaire peut demander, à tous les stades de l'instruction la suspension des poursuites ou sa remise en liberté. L'assemblée concernée doit se prononcer en faveur de la suspension à la majorité des deux tiers de votes exprimés 14. L'assemblée parlementaire peut également elle-même requérir à la majorité simple, la suspension des poursuites et de la détention et ce à tout moment de la procédure et jusqu'à la clôture des débats 15.
_______________ 
1. Articles 58 et 120 de la Constitution.
2. K. Muylle, « L'immunité parlementaire face à la Convention européenne des droits de l'homme », A.P.T., 2007-2008/3, p. 208.
3. Cass. 1 juin 2006, R.W., 2006-2007, p. 213.
4. Ibidem.
5. Article 59 et 120 de la Constitution.
6. H.-D. Bosly et D. Vandermeersch, Droit de la procédure pénale, La Charte, Bruges, 2003, p. 146.
7. Doc. Parl. Ch. Sess. extr. 1932, n° 74.
8. K. Muylle, « L'immunité parlementaire face à la Convention européenne des droits de l'homme », A.P.T., 2007-2008/3, p. 211.
9. Article 59, al. 4 de la Constitution.
10. Article 59 al. 2 de la Constitution.
11. H.-D. Bosly et D. Vandermeersch, Droit de la procédure pénale, La Charte, Bruges, 2003, p. 153.
12. Article 59, al. 1er de la Constitution.
13. Article 41, al. 1er du Code d'instruction criminelle.
14. Article 59, al. 5 de la Constitution.
15. Article 59, al. 6 de la Constitution.

samedi 11 février 2017

Le député fédéral Aldo Carcaci s'est rendu en Syrie

Nous apprenions récemment qu'une délégation de quelques parlementaires belges s’étaient envolée pour la Syrie. Elle était composée du député fédéral du Parti populaire, Aldo Carcaci, ainsi que Filip Dewinter (qui en est apparemment d’ailleurs à sa troisième visite sur place).
Nous apprenions également par la suite que 2 autres députés du Vlaams Belang étaient de la partie.

Aldo Carcaci
expliquait que ce voyage était nécessaire
"pour se rendre compte sur place de la situation réelle, car en tant que parlementaire, il est de notre devoir de décider en connaissance de cause et de se faire une opinion sur place, en restant neutre, sans attendre les informations des media, qui clairement sur la Syrie et Alep, nous ont manipulés"
Vu la présentation de la mission, il était légitime de se demander si c'était une mission parlementaire officielle, ou pour tout le moins coordonnée avec les services belges et les partis politiques. Renseignements pris auprès du PP, ce dernier ne posséde pas ces informations, car "nous ne sommes pas en dictature & que tous nous ne devons rendre des comptes le doigt sur [la couture du] pantalon"
Aucun contact ne sera pris par contre avec le VB.

Il est très singulier, donc, qu'une personne qui se revendique médiatiquement de sa fonction de parlementaire pour effectuer un voyage sensible, vu qu'il rencontrera le chef de l’État, d'un pays en pleine guerre civile ... ne soit en rien coordonné avec le Bureau Politique de son parti.

Surprise !
Au détour d'un article journaliste de Gaspard Grosjean dans La Meuse, on apprend incidemment que les parlementaires étaient "invités par le régime du président Bachar Al-Assad". Situtation absolument imparable évidemment, afin de se faire une opinion sur place, en restant neutre ...

Extraits de l'article en question: