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samedi 17 juin 2017

Enfer social dans désert économique.wal

Extrait de l'Echo, avec Bruno Colmant




 
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Avec 200 projets d'investissement étrangers en 2016, la Belgique est faiblement attractive


La Belgique se place au huitième rang du classement des pays européens les plus attrayants (derrière l'Allemagne, la France ou encore les Pays-Bas) et en bas de classement (18e) en termes de créations d'emplois, avec 3.309 nouveaux postes créés grâce à des projets d'investissement étrangers, en légère augmentation (+4%) toutefois par rapport à l'an dernier.
Si peu d'entreprises (13%) ont l'intention de lancer ou d'étendre des activités en Belgique l'année prochaine, seuls 2% des dirigeants de sociétés souhaitent retirer leurs activités de la Belgique, soit le nombre le plus faible enregistré depuis le lancement de l'étude de perception en 2005. "C'est surtout la diminution de l'intérêt des entreprises américaines pour la Belgique qui est inquiétante.
Si on ajoute la fermeture récente de plusieurs filiales importantes en Belgique (Ford, Caterpillar), cela signifie qu'à l'avenir, nous allons davantage devoir compter sur notre propre entrepreneuriat", a expliqué Leo Sleuwaegen, professeur de stratégie commerciale internationale à la KULeuven. "Par contre, cette diminution est compensée par d'autres pays qui ont plus d'intérêt d'investir chez nous, comme par exemple les Français qui ont quasiment compensé la diminution des entreprises américaines", a précisé Marie-Laure Moreau, responsable régionale chez EY. Pour expliquer les faibles résultats du royaume, le bureau de consultance pointe la pression fiscale élevée pour les entreprises, la capacité d'innovation limitée, les charges salariales importantes ou encore les problèmes de mobilité.

Forte pression fiscale

La pression fiscale reste ainsi un des principaux soucis pour les investisseurs étrangers. Pas moins de 46% des chefs d'entreprise interrogés estiment que la réduction du taux d'impôt nominal des sociétés (de 33,99% actuellement, soit le plus élevé d'Europe) constitue la première priorité pour accroître la compétitivité en Belgique. "Cette situation empêche non seulement des investisseurs de continuer à opter pour la Belgique, mais elle entraîne également une tendance au cours des deux dernières années de déplacement d'activités stratégiques de la Belgique vers des pays comme la Suisse, l'Irlande...", a relevé Herwig Joosten, responsable du département fiscalité internationale chez EY. "Beaucoup d'artifices existent en Belgique et, dans la pratique, certaines entreprises arrivent à faire baisser l'impôt réel en arrivant à des taux effectifs comparables aux pays voisins grâce aux incitants mais c'est le taux nominal que les investisseurs regardent. Il faut aussi réduire la complexité pour obtenir des subventions", a encore souligné Marie-laure Moreau.
La Flandre reste la région la plus attrayante de Belgique: quatre entrepreneurs interrogés sur 10 estiment que le territoire du nord est plus intéressant pour les investissements. Toutefois, la région séduit surtout les investisseurs déjà actifs dans le Belgique; Bruxelles est ainsi favorite pour une majorité des entreprises qui n'ont pas d'activités dans le pays. Plus de la moitié (105 pour 1.804 emplois) des projets d'investissement ont eu lieu en Flandre, contre 47 (pour 660 emplois) pour Bruxelles et 48 (pour 845 emplois) en Wallonie. Bruxelles (8e) se maintient par ailleurs dans le top 10 européen des villes les plus attrayantes, Londres, Paris et Berlin occupant le podium. Le secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC) est de loin le premier cité (38%) comme déterminant pour la croissance économique de la Belgique dans les années à venir. Suivent l'industrie pharmaceutique et la biotechnologie (27%) ainsi que la logistique et la distribution (24%).

jeudi 7 juin 2012

L'euro et la banque Centrale Européenne indépendante

Du blog de Bruno Colmant : Le vice et la vertu monétaire
Le_vice_et_la_vertu01

Lorsque les gouvernements de l'époque prirent la décision d'introduire l'euro, ils choisirent de rendre la banque Centrale Européenne indépendante de leurs champs décisionnels, avec un message clair : maintenir l'inflation au-dessous de 2 %.
Le message subliminal de cette décision était que les gouvernements, dégagés de la défense de la monnaie, devaient homogénéiser leurs économies vers une convergence congruente avec une monnaie unique.
Malheureusement, les gouvernements ne s'imposèrent pas cette convergence puisque les dettes publiques commencèrent à flamber.
Pire : ils profitèrent des taux d'intérêt bas pour étatiser l'économie et prolonger un moribond Etat-providence.
Seule la BCE fait figure d'acteur vertueux dans ce mauvais scénario qui se déroule devant nous.
Mais que signifie désormais son indépendance dans la détresse financière que nous traversons ? Rien, puisqu'elle n'est plus respectée.
C'est ainsi qu'il faudra que la BCE injecte de l'argent, comme la Fédéral Reserve en prendra sans doute la décision le 20 juin. Mais ce ne sera pas tout, car cette crise souveraine qui fissure la monnaie n'est pas exogène au système de l'euro : elle lui est endogène.
En s'endettant outrancièrement, les Etats se sont automutilés.