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mardi 12 février 2013

mardi 15 janvier 2013

.@nblanchart, l'interview (IIème partie)

2ème partie (première partie, ici ) de l'interview de .@nblanchart, secrétaire Ecolo régional Mons-Borinage, dans la  rubrique, "Ces twitteurs qui nous entourent".

Nicolas Blanchart, dans les thématiques qui t'intéressent de près, il y a le logement social ...
Céline Delforge, la députée Ecolo bruxelloise affirme que les besoins sont énormes Bruxelles] et que le parc privé est devenu impayable pour les bas revenus
Quelle est la situation en Wallonie ?
JM Nollet dit quun 7ème du budget wallon part dans le logementalors que la SWL est à nouveau décriée par la Cours des comptes pour sa gestion « folklorique » ; au même moment, Birol Cokgezen, lancien chauffeur de Michel Daerden sapprête à reprendre la présidence du CA des habitations sociales de Saint-Nicolas

Nota Bene
: Cette partie d'interview a été réalisée il y a 2 semaines, avant l'intervention de  Jean-Marc Nollet, le ministre wallon du Logement, qui a lancé hier 14 janvier 2013 un ultimatum au conseil d'administration de la Société Wallonne du Logement"qui doit mettre fin à ses pratiques illégales" ...

NicolasBlanchartEn Wallonie comme à Bruxelles ou ailleurs, la part « logement » dans le budget des ménages est souvent le poste le plus important, tout en faisant partie des dépenses incompressibles sauf déménagement (et encore faut-il parvenir à trouver moins cher!). Pour les personnes à revenus modestes, ou pour n'importe qui suite à un accident de la vie, un logement décent peut devenir impayable. Voilà pourquoi nous avons besoin d'un système de logement public, pour éviter que ces personnes ne se retrouvent dans une spirale d'endettement ou à la rue.

Cela dit, la politique de logement social ne peut pas être prise isolément. Elle s'intègre dans une politique plus générale de lutte contre la pauvreté, d'emploi...

Un enjeu important est de casser la logique de la « cité de tours », sorte de ghetto à l'écart du reste de la ville. Le logement social est multiple, il peut et doit s'insérer harmonieusement sur l'ensemble du territoire. Quand Jacqueline Galant refuse la construction de logements sociaux à Jurbise alors que d'autres communes de l'arrondissement atteignent 20% de logement social, il y a un problème.

Une importante réforme du secteur est en cours en Wallonie. Elle a pour but d'augmenter la quantité et la qualité (notamment énergétique) de l'offre, mais aussi de favoriser la mixité sociale, de mieux adapter la taille des logements aux ménages, de revoir le calcul des loyers pour lutter contre les pièges à l'emploi... Par ailleurs le secteur est beaucoup plus sain maintenant qu'il y a quelques années. En matière de gestion financière, 4 des 68 sociétés concentrent 60% du déficit. Il en reste 64 qui s'en tirent bien.

Mais tout n'est pas rose [vert? ndlr] et l'actualité se charge de nous le rappeler. Des décennies de pratiques douteuses laissent des traces. Certains mandataires n'ont toujours pas compris les principes d'une bonne gestion. Il reste du boulot, mais c'est aussi une question de rapport de force politique : votez pour ceux qui vous semblent le plus capable !

Le traitement du cas Cokgezen me semble absurde. Que faut-il pour être un bon président de CA ? Des qualités de gestion et une vision du logement social compatible avec la politique régionale. Que sait-on de lui ? Qu'il est l'ex-chauffeur de Daerden et que son mandat serait fruit d'un accord interne PS. Je ne vois pas le rapport. Qu'on l'interroge plutôt sur sa vision du mandat et ses capacités à l'exercer.

10% de logement social en Wallonie (objectif officiel, si je ne me trompe pas), n'est-ce pas énorme ?

NBQuelques chiffres : nous avons actuellement 8% de logement social en Wallonie qui représentent environ 100.000 logements, pour une liste d’attente de 33.000 personnes (chiffres du rapport d’activités 2010 de la SWL). Passer de 8 à 10% revient tout simplement à résorber une partie de la demande en attente. Il faut aussi voir ce que l’on entend par « logement social » : à quel public est-il destiné ? Les Pays-Bas comptent 1/3 de logements sociaux, 4 fois plus que la Wallonie ! Mais ils sont ouverts à tous types de revenus. La réforme en Wallonie prévoit d’affecter 10% du parc locatif aux revenus moyens. Encore une fois, tout dépend de la vision que l’on a du logement public.


Quelles sont les autres thématiques qui te tiennent tout particulièrement à cœur ?
Pourrais-tu nous en parler ?

NBPetit tour d'horizons de quelques dossiers montois qui font parler d'eux au delà de Mons...

On a évidemment beaucoup parlé de notre premier ministre – candidat bourgmestre en cette fin 2012. Le cas est historique et n'était apparemment jamais arrivé. Cela vient d'une conception fort répandue en Belgique selon laquelle il est nécessaire de participer directement aux niveaux de pouvoir supérieurs pour pouvoir défendre les intérêts de sa commune. Il suffit de voir le nombre de « députés-bourgmestres » se revendiquant comme tels.

Cette conception n'a évidemment pas de sens sur une analyse globale ; elle ne crée pas plus de richesses ou de subsides, elle aboutit juste à les répartir dans la direction de celui qui réclame le plus fort. Le passage à maximum 1/3 de députés pouvant cumuler avec un mandat de bourgmestre ou échevin au parlement wallon à partir de 2014 est un premier pas vers un système plus juste. Il n'y a pas encore de majorité en Wallonie prête à voter un décumul intégral. Pour que cela arrive un jour, il faudra que le sujet revienne dans l'actualité pour que la pression extérieure aide certains à se décider !

Autre sujet polémique, la fameuse gare Calatrava. Le projet n'a cessé d'évoluer depuis 2006, d'abord une simple passerelle entre le centre-ville et les Grands-Prés, ensuite une nouvelle gare-passerelle avec démolition de la gare actuelle, enfin une série d'aménagements destinés à rendre le projet plus écologique. Ecolo Mons-Borinage a beaucoup bossé sur le projet, nous avons notamment visité la gare de Liège pour en repérer les défauts et éviter qu'ils ne se retrouvent dans le projet montois.

Au delà des aménagements, reste la question de fond de l'opportunité du projet. Quelles sont les priorités d'investissement de la SNCB ? Il reste un important travail sur la sécurisation des voies. La SNCB fermes régulièrement des lignes et des gares. Des trains sont supprimés. On le sent fort dans l'arrondissement de Mons, beaucoup de « petites gares » ont fermé ces dernières années, n'ont plus de guichet... A quoi sert une grande gare au milieu d'un désert ? Le dernier épisode médiatique montre que le débat a aussi lieu chez Infrabel, il faudra le surveiller de près.

Enfin, Mons 2015 se rapproche, plus que deux ans. Le projet est présenté par la majorité comme étant avant tout une opportunité économique pour Mons et sa région. Tant mieux si c'est le cas, et nous avons besoin de projets porteurs pour mobiliser les énergies. Mais il faut éviter que cette optique économique et le thème « where technology meets culture » ne conduise à une organisation centrée sur quelques grands projets et qui laisserait de côté tout le milieu associatif et culturel de la région. Mons 2015 ne sera une réussite que si chacun y trouve sa place !


Comment te vois-tu dans 5, 10,ans ?

NBFameuse question ! L'adage veut qu'en politique, 5 ou 10 ans soit une éternité, et rien n'est plus vrai. Difficile donc d'y répondre, mais j'ai deux balises : mon engagement est plus tourné vers l'interne que l'externe, et je fais attention de ne pas vivre en permanence à 100% dans le milieu politique. Pouvoir garder une certaine distance, une capacité de recul, est important. Ce que cela donnera  dans les prochaines années, l'avenir nous le dira !


Désires-tu ajouter quelque chose ?

NBOui, un grand merci pour cette opportunité d'échange, et toujours disponible sur Twitter ou ailleurs pour le continuer !

Merci et au plaisir des prochains échanges !;-)


PS: La semaine prochaine, "Le retour du Barnum" publie l'interview passionnante d'une politique "assez éloignée" de notre secrétaire Ecolo régional ... culturellement, politiquement, géographiquement ...
Et ce WE, dans le cadre de la rubrique "ces twitteurs qui nous entourent", nous publiions également une critique économique de notre ami Chaos_be

mardi 8 janvier 2013

.@nblanchart, secrétaire Ecolo Mons-Borinage



Dans la [nouvelle] rubrique, "Ces twitteurs qui nous entourent", interview de .@nblanchart, secrétaire Ecolo régional Mons-Borinage.
Il est régulier et agréable d'échanger avec lui sur twitter des sujets les plus divers, car il est toujours bien informé (et il informe toujours volontiers et correctement) de ce que propose Ecolo comme projet de Société.
Même parfois "malmené" dans des sujets polémiques, il restera toujours courtois dans ses réponses et parviendra souvent à trouver la touche d'humour pour décrisper certaines situations ...


Nicolas, que penses-tu de cette présentation ? Pourrais-tu te présenter brièvement ?

Nicolas Blanchart : Bonjour ! Intéressant de voir comment comment l'on « apparaît » à travers des réseaux sociaux, qui plus est en 140 caractères... Je m'y reconnais assez bien, j'essaye toujours de me mettre à la place de mon interlocuteur, de comprendre la logique de sa pensée. Voilà qui aide à limiter les tweetclash !

En dehors de Twitter, je suis un Montois de 27 ans originaire d'Ath, toujours en Hainaut donc. Une province qui mérite mieux que l'écho que l'on en entend parfois ! Je travaille à mi-temps pour Ecolo dans le web et le graphisme tout en terminant des études d'ingénieur.

Mon engagement politique date de 2007. Électeur Ecolo depuis mes 18 ans, j'ai décidé de franchir le pas et de prendre part activement à la vie politique dans la région de Mons-Borinage. Je suis actuellement secrétaire régional Ecolo dans une équipe de 3 personnes et délégué au conseil de fédération.
Hors politique, vous pourrez me retrouver le nez plongé dans des bouquins d'histoires (principalement militaire et politique), à des concerts ou chaussant les baskets pour un bon jogging. 

Le Hainaut, une province qui mérite mieux que l'écho que l'on en entend parfois ?

NB: Le Hainaut est victime de son image caricaturale de désert industriel post-charbonnages. Bien sûr il y a des problèmes, personne ne les nie, mais nous avons des entrepreneurs, des artistes, un milieu associatif… qui réussissent et qu’il faut pouvoir mettre en valeur. Ecolo Hainaut a organisé une série de visites d’entreprise sur le thème « Ce Hainaut qui se développe en vert » : des PME qui se sont développées en utilisant des techniques innovantes sur le plan environnemental, énergétique… Voilà le genre d’histoire que je voudrais voir plus souvent.
 


Twitter et les réseaux sociaux, dans tout cela ?

NB: Première manière d'utiliser Twitter, une excellente source d'infos. Avec les bons abonnements, on peut y trouver en primeur l'actu et les analyses sur n'importe quel sujet, avec en prime la possibilité d'interroger directement les acteurs et spécialistes pour en savoir plus. La difficulté est de bien gérer le rapport signal à bruit pour en tirer le meilleur.

Deuxième manière et suite logique de la première, partager l'info dont je dispose moi même. En ce qui concerne Ecolo bien sûr vu ma position, mais aussi sur mes autres centres d'intérêt.

Je prends moins souvent part aux longs débats. Le format 140 caractères montre ses limites pour développer des argumentations complexes. C'est qu'un blog ou autre format plus long reste utile.

Par contre, les réseaux sociaux sont un bon endroit pour « tester » des idées ou positions. Les réactions reçues permettent souvent d'envisager la question sous un angle neuf. L'intelligence collective est sous-utilisée dans nos démocraties alors que les moyens techniques existent.  
Le SNCBGate en est un excellent exemple spontané. Comment intégrer au mieux cette intelligence collective dans notre fonctionnement démocratique, voilà un beau défi pour les années à venir !

Nicolas, le gros de ton engagement politique est tourné vers l'interne d'Ecolo :

- Pourrais-tu nous expliquer en quoi consiste ton aide aux locales dans les communes ?

NB: Prenons les élections communales qui viennent d'avoir lieu. Derrière les tracts et affiches, toute une machinerie doit se mettre en place pour arriver à présenter une liste aux élections. Il y a des règles légales sur la présentation de la liste, sur les dépenses électorales... Et aussi des règles internes Ecolo. Toute liste doit être approuvée par les membres Ecolo de la commune, les discussions et accords avec d'autres partis doivent obtenir l'accord de différentes instances, etc... La régionale est le premier interlocuteur des locales sur toutes ces questions.

Il y a bien sûr aussi un rôle stratégique. La régionale est le lieu de coordination du message exprimé dans les différentes communes. On y discute du lien avec les majorités régionales, des mandats dans les intercommunales, de la communications et des actions à l'échelle de l'arrondissement.

- Que veut dire "assurer fonctionnement démocratique d'une régionale" 

NB: Le secrétariat régional n'est bien entendu pas seul à décider. Il représente les membres de la régionale dont il tient son mandat. Les décisions quotidiennes sont de son ressort, mais les grandes orientations se discutent en assemblée régionale l'ensemble des membre sont conviés. D'autres décisions se prennent en concertation avec les locales. La dimension collective est très importante à garder. Chacun doit avoir l'occasion de participer au processus décisionnel !
« Assurer le fonctionnement démocratique d'une régionale » consiste à mettre en musique cette partition.
Tâche exigeante mais indispensable !

- En quoi consiste ta participation au conseil de fédération ?
Quest-ce que cest ? Comme cela fonctionne-t-il ?

NBLe conseil de fédération est le parlement interne d'Ecolo au niveau fédéral. Il comprend des délégués des différentes régionales et groupes parlementaires et se réunit mensuellement. J'y suis délégué de Mons depuis 2008. Un exemple de travail dont nous allons bientôt nous charger : l'adoption de l'entièreté du programme électoral 2014. Plusieurs mois seront nécessaires ! Les missions sont larges : règlements fédéraux, budget et comptes, vote de certaines dérogations...

Il comprend toujours un point d'actu, l'occasion d'échanger avec les coprésidents sur les événements des dernières semaines et de celles à venir. Depuis 2009, les ministres sont aussi présents pour ce point d'actu. Vu que le conseil de fédération est ouvert à tout membre Ecolo, chaque membre a donc l'occasion d'interpeller directement la coprésidence ou un ministre. Un bel exemple d'ouverture démocratique !

Fin de la première partie (suite, mardi prochain)