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dimanche 12 février 2017

Fadila: Incompétence et favoritisme ?

Fadila Laanan, la secrétaire d’État bruxelloise de la Fonction publique se voit reprocher de mener une réforme de l’administration sans concertation, sans logique économique et pouvant porter atteinte au système démocratique vu l’absence de vision à long terme.Il est vrai que c'est "drôlement" plus compliqué que la gestion des jours des poubelles avec ou sans poisson ...

Les trois syndicats représentant les fonctionnaires bruxellois:
"La réforme de l’administration régionale avec la création inconsidérée d’organismes régionaux, l’absence de vision à long terme par rapport à la fonction publique, ainsi que l’absence de communication sur les stratégies adoptées par le gouvernement pose problème. Les conséquences sont désastreuses ! Les travailleurs sont pressés comme des citrons, démotivés et, certains, dont les plus jeunes démissionnent"
Rudi Vervoort
"Si les nouvelles compétences héritées de la Sixième réforme de l’État ont obligé le gouvernement bruxellois à anticiper les changements structurels à venir, ceux-ci ont été mis en œuvre en tenant compte de tous les travailleurs de l’administration régionale. La décision de créer des ministères dédiés à l’urbanisme et à la fiscalité en lieu et place d’organismes d’intérêt public démontre de l’écoute des membres du gouvernement"
Le Syndrome Publifin: des pans entiers de l’administration régionale devraient être déplacés, la fiscalité et l’urbanisme passant sous la bannière d’OIP.


Et favoritisme ?
Le gouvernement bruxellois vient de s’accorder sur le résultat d’un appel à projets de deux millions €, où les choix et la composition du jury poseraient question:
Ce jeudi 2 février, le gouvernement bruxellois a approuvé la liste des dossiers sélectionnés dans le cadre d’un appel à projets lancé en septembre dernier par la Région bruxelloise, la Cocof et la VGC.

Alain Maron:
"Si on s’est toujours réjoui qu’il y ait de l’argent pour des projets sociaux et socio-culturels suite aux attentats, et pas seulement du sécuritaire, l’opération pose question : elle n’est pas articulée et coordonnée avec les politiques de cohésion sociale existantes, et le cadre est hyper large et hyper flou. Alors qu’il y a la réforme du décret Cohésion sociale qui est en discussion, le cabinet Vervoort ne fait pas de concertation. Le PS a toujours eu tendance à considérer que ces politiques-là, c’était sa chasse gardée. La réforme du décret et la concertation fermée , juste entre socialistes, le démontrent encore. S’ils ont fait la même chose avec l’appel à projet vivre-ensemble, c’est grave""Les politiques de cohésion sociale ne sont pas le jouet du parti socialiste ! C’est intolérable" 
Cet appel à projets vise à "promouvoir des initiatives qui renforcent la cohésion sociale, le dialogue interculturel et la diversité". L'analyse de la liste des projets sélectionnés et  celle de ceux qui ne l’ont pas été semble poser questions.
Il ressortirait qu’il vaut mieux être proche de Rudi Vervoort, qui avait annoncé que c’est un jury composé d’experts indépendants qui ferait les choix.
Les communes socialistes d’Evere et de Saint-Gilles sont de loin les grandes gagnantes.. Les deux entités ont respectivement reçu 95.000 et 80.000€.
La Cohésion sociale d’Evere a ainsi remporté, à elle seule, pas moins de 79.000€, une somme deux fois supérieure à la moyenne des subsides régionaux accordés.

Ridouane Chahid
, député bruxellois et ancien chef de cabinet adjoint de Rudi Vervoort qui préside aujourd’hui le conseil d’administration
"C’est un projet qui bénéficiera aussi à d’autres communes qu’Evere"
Force est de constater qu’un certain nombre d’associations lauréates sont étiquetées socialistes.
C’est notamment le cas d’
  • Actions in the mediterrannan (49.000€) présidée par la députée bruxelloise Simone Susskind,  
  • Cadre (49.000€) fondé par l’ancien sénateur liégeois Hassan Boussetta
  • OIRD (30.000€) dont le conseiller communal molenbeekois Nader Rekik est le CEO
  • Ascades (20.000€) présidée par Nicole Lepage. Une socialiste élue comme conseillère communale à… Evere.
Alors que le ministre-président Rudi Vervoort est donc soupçonné d’avoir favorisé plusieurs projets socialistes dans sa commune d’Evere, Fadila Laanan l’a défendu en rappelant que "les deux membres du jury envoyés par son cabinet habitaient… à Forest et Uccle".
Malgré les demandes répétées de l’opposition, le cabinet de Rudi Vervoort n’avait jamais fait connaître tous les noms de ces experts indépendants, alors que 4 des 6 membres, dont la présidence de ce jury sont des membres de cabinets socialistes:
  • David Cordonnier (cabinet de Rudi Vervoort) et chef de groupe à Evere.
  • Michaël Cerulus (ex-cabinet de Laurette Onkelinx)
  • Anne Chaponan (cabinet de la ministre-présidente du gouvernement de la Cocof Fadila Laanan)
  • Martine Lahaye (ex-cabinet de Fadila Laanan)
Vervoort: "Le choix s’est fait en toute transparence [sic].
On ne souhaite pas commenter dans la presse cet appel à projets, tant que ceux qui avaient rentré un dossier n’ont pas reçu une réponse de notre part. C’est une question de respect"
En résumé, le bourgmestre empêché d’Evere délègue le chef de groupe au conseil communal d’Evere comme membre d’un jury qui choisira le projet d’un échevin d’Evere.
Autre fait troublant, la paracommunale molenbeekoise luttant contre l’exclusion sociale, n’a reçu aucun subside. Son ancienne administratrice-déléguée, Sylvie Lahy, licenciée en février 2014 par la commune, est aujourd’hui cheffe de cabinet de Rudi Vervoort.


Hamza Fassi-Fihri:
"En lisant la presse, on a l’impression que cela n’a pas été fait de manière neutre"
Gaëtan Van Goidsenhoven:
"Je vous dis mon désarroi, mais aussi mon extrême lassitude par rapport à cette suspicion généralisée sur ces appels à projets"
Fadila Laanan, ministre-présidente du gouvernement de la Cocof, en séance plénière du Parlement: Il y a également un million d’euros prévu pour les maisons des cultures, dont une grosse partie pour celle de Molenbeek, qui est présidée par Françoise Schepmans . Je regrette que cette info ait fuité"
NB: C'est qui exactement, "
les maisons des cultures" à Molenbeek ?

Car effectivement, le problème, c'est la transparence. La députée Catherine Moureaux a déploré les fuites dans la presse. Quel scandale, cette foutue transparence !
Et rien de neuf sous le soleil ! En 2014, déjà, le Conseil d'Etat avait suspendu la décision de la ministre de la Culture Fadila Laanan qui  avait retenu le projet artistique de Vincent Meessen pour représenter la Fédération Wallonie-Bruxelles à la 56e Biennale de Venise des arts visuels, en 2015.
Le Conseil d'Etat estime que la Fédération, sur base du dossier introduit par l'artiste, n'était en réalité pas en mesure de juger si le projet répondait bien aux "exigences de capacité technique imposées pour pouvoir être sélectionnée".

La haute juridiction mettait en outre explicitement en doute l'impartialité du comité d'experts constitué par la ministre pour départager les quatorze artistes candidats.

L'arrêt pointait à cet égard la "proximité étroite" de quatre des sept experts avec l'artiste, ce qui avait pu avoir "une influence sur l'appréciation par l'ensemble du comité, particulièrement lorsque ses membres devaient s'exprimer dans le cadre d'un vote à la majorité simple".

Cette décision constituait un nouveau revers pour la ministre de la Culture, laquelle avait en début d'année complètement revu la procédure de sélection pour la Biennale afin de la rendre plus "objective et transparente".

mardi 17 juillet 2012

Un communiqué régional de merde

Elio Di Rupo :
" Voilà comment un communiqué de merde d’un niveau régional vient polluer la politique fédérale "
" Il y a des règles très précises pour reconnaître les calamités, Benoît [Lutegn] peut danser sur sa tête, le Fonds des calamités ne peut rien donner à ses amis agriculteurs " .

Sabine Laruelle :
"Di Antonio ne connaît pas la législation, son parti n’a pas participé aux réunions et le dossier a déjà été accepté par les organisations agricoles."

Lire aussi:
Foire d'empoigne au conseil des ministres


"C’était apocalyptique..." " Je n’avais jamais vu cela et pourtant, des conseils, j’en ai vécus..." " Une histoire de fou. C’est énorme ce qui s’est passé ." Vendredi, après le Conseil de cabinet, les ministres commentaient, en "off" l’incroyable réunion qui s’était tenue le matin même, autour d’Elio Di Rupo.
Ce qui a mis le feu aux poudres ? La querelle, que dire, la guerre qui oppose depuis 48 heures la ministre fédérale de l’Agriculture, Sabine Laruelle (MR) et le ministre wallon de l’Agriculture, Carlo Di Antonio (CDH). Sabine Laruelle a proposé une intervention du Fonds des calamités pour la sécheresse qui a frappé la Belgique en 2011. Se conformant aux quatre critères fixés dans la réglementation pour bénéficier de cette indemnisation, elle a proposé de retenir les agriculteurs qui pratiquent la culture de lin, d’épinards et de céréales de printemps dans l’Oostkustpolder, en Flandre.
D’où la grosse colère du cabinet Di Antonio qui, dans un communiqué, demande à la ministre de revoir sa copie. Motif : la sécheresse avait également touché les prairies et les prés de fauche entraînant des pertes économiques sévères pour les éleveurs wallons.
Réplique de Sabine Laruelle : "Di Antonio ne connaît pas la législation, son parti n’a pas participé aux réunions et le dossier a déjà été accepté par les organisations agricoles." Et Sabine Laruelle d’accuser le CDH de faire de la démagogie sur le dos des agriculteurs. Revenons au Conseil. Très vite, le ton monte. Le Premier ministre, Elio Di Rupo, n’est pas en reste. Il dit, texto : " Voilà comment un communiqué de merde d’un niveau régional vient polluer la politique fédérale " On entend voler les mouches.
Pourtant, il faut trouver un accord. Joëlle Milquet cherche à apaiser la tension et à joindre Benoît Lutgen. Pourquoi pas Di Antonio, le ministre qui a envoyé le communiqué "de merde" ?
Un ministre rigole : " Je crois que le ministre Di Antonio rangeait les chaises de son festival, on n’allait quand même pas le déranger pour si peu ! " Carlo Di Antonio n’est pas seulement ministre. Il est aussi responsable du festival de Dour.
Benoît Lutgen rappelle. Di Rupo s’isole pour lui parler. Lutgen n’en démord pas. Il veut que l’indemnisation profite aussi aux agriculteurs wallons. La facture passerait donc de 5 à 50 millions. Impossible. Inacceptable, pour les autres ministres.
Dès lors, les commentaires, plus ou moins audibles, fusent. On accuse Benoît Lutgen de vouloir se balader en héros à la Foire de Libramont, qui débutera dans quelques jours. D’autres sources affirment même que le fameux communiqué " de merde " a, en fait, été rédigé par Benoît Lutgen et envoyé à la presse par l’intermédiaire du cabinet de Carlo Di Antonio, qui a succédé à Benoît Lutgen l’an dernier. Vrai, faux ? "Vrai", s’emporte un ministre. Ce truc ne concerne que les prairies du Luxembourg... A dix jours de la foire de Libramont. D’ailleurs, Sabine Laruelle a essayé de joindre Carlo Di Antonio il y a quelques jours, lequel ne connaissait rien de ce dossier ! "
Elio Di Rupo fait des allers-retours entre la salle du Conseil des ministres et le bureau d’où il appelle Benoît Lutgen. Aucun accord ne semble possible. " Il y a des règles très précises pour reconnaître les calamités, Benoît peut danser sur sa tête, le Fonds des calamités ne peut rien donner à ses amis agriculteurs " .
Dans le contexte budgétaire que l’on connaît, la demande paraît totalement excessive (50 millions) aux yeux des autres ministres. Excessive et illégale. C’est alors que Didier Reynders, dont on connaît l’humour noir et les colères froides, se lance : " Il n’y a aucun problème. Si nous n’arrivons pas à nous mettre d’accord tout de suite sur une intervention de 5 millions du Fonds des calamités, comme Sabine le propose, dès demain, j’enverrai une demande au Premier ministre pour le conclave budgétaire, demande dans laquelle nous demanderons vraiment 50 millions pour les agriculteurs. Cela signifiera donc qu’il n’y aura plus 1 euro pour la sécurité et la justice "
La ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet, comprend le piège, elle qui réclame des moyens supplémentaires pour la police. Repalabres Finalement, le gouvernement se range derrière la proposition initiale de Sabine Laruelle : octroyer 5 millions d’euros, selon les dispositions du Fonds des calamités. Mais la ministre Laruelle promet qu’elle expliquera, dans un courrier aux Régions, les critères qui ont guidé le choix du gouvernement.
Fin du Conseil des ministres ? Que non. Car un autre point, sensible lui aussi, maintient la tension à son plus haut niveau. C’est Johan Vande Lanotte, ministre de l’Economie et de la Mer du Nord, qui revient avec son projet de créer une milice privée afin de protéger des pirates les bateaux belges qui s’aventurent au large de la Somalie. Depuis le début de cette année, cinquante arraisonnements ont déjà eu lieu. Pareilles milices protègent déjà les bateaux luxembourgeois et britanniques. Les Français, qui ont une base à Djibouti, utilisent leur armée sur place. Mais les Belges n’ont que deux frégates disponibles. Impossible et trop coûteux Mais le projet de Vande Lanotte déplaît à la vice-Première ministre PS, Laurette Onkelinx, qui demande des garanties, et aussi voir surtout, à Joëlle Milquet, qui rappelle au passage qu’elle est la ministre de l’Intérieur. Ce genre de projet pourrait donc émaner de son cabinet.
C’en est trop... Vande Lanotte explose à son tour. On l’entend hurler : " Je n’en peux plus." Il annonce, furieux, qu’il retire son projet : " Je n’ai pas envie de faire croire aux marins qu’ils sont protégés alors qu’ils ne le sont pas. Quand on aura un mort sur un bateau, il faudra bien que j’explique pourquoi on n’a pas voulu les protéger ." Il affirme, en effet, qu’avec les conditions réclamées, la protection n’était plus automatique.
Cette fois, le Conseil est bien terminé. La tension est à peine retombée. Un ministre raconte : " Le Conseil devait durer deux heures. Il a débuté à 9h30. On s’est séparé à 13h30. La tension était telle que personne ne voulait aller à la conférence de presse..."
Pourquoi ce coup de sang ? Plusieurs participants évoquent la fatigue, le travail considérable que le gouvernement a dû abattre ces derniers temps, les éternelles rivalités entre MR et CDH, l’amateurisme de certains cabinets
A cela il faut ajouter la discussion, qui commencera dimanche, sur le contrôle budgétaire. Même si l’exercice ne semble pas compliqué, il risque d’y avoir des tensions entre ceux qui réclament de nouveaux moyens et les autres. De plus, la discussion sur le plan de relance est aussi tendue. Et elle risque, finalement, de déboucher sur quelques mesures et un catalogue de bonnes intentions. Puis, il y aura les élections, les communales... Mais avant cela, vive les vacances