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samedi 18 février 2017

Madame l'impératrice Mathot-Demeyer

On se souviendra que le 9 mai 2016 dernier, l’assemblée générale de Liege Airport SA désignait Madame Marie-Dominique Simonet comme Présidente de la société, où persiste donc ce magnifique conflit d'intérêts.
Marie-Dominique Simonet succédait au très controversé (et inculpé) José Happart qui devenait dès lors 1er Vice-Président.

Ce 17 février 2017, nous apprenions via le quotidien LeSoir que Michèle Lempereur, qui n’est autre que la veuve de Guy Mathot, décédé en 2005 et aujourd'hui la conjointe de Willy Demeyer, bourgmestre de Liège et président de la fédération, abandonne son mandat à l’aéroport de Liègesiégeait depuis plusieurs années au CA de Liège airport, bien qu’elle n’exerçait aucune fonction publique.
Administratrice de l’aéroport pour 13.000€ bruts/an (contestés par l'intéressée), sur le quota de la Région wallonne, actionnaire à 25 % de l’aéroport principautaire,(50% par Publifin/Nethys) Michèle Lempereur n’exerce pourtant aucune fonction politique et sa présence au conseil d’administration depuis plusieurs années demeure donc inexpliquée, mais pas illégale.

L’aéroport n’a ni infirmée, ni confirmée cette démission, précisant toutefois qu’il n’avait encore reçu aucun courrier actant officiellement cette démission.
Michèle Lempereur, vendredi en fin de journée :
"J’ai effectué ma mission avec professionnalisme en veillant au bon développement des projets de l’aéroport tant sur les plans économiques que de son image. J’ai toujours rempli ma mission d’administrateur avec rigueur et participé de manière assidue aux différentes réunions du CA (entre 8 et 10 réunions par an), pour lesquelles un jeton de présence de environ 190€ brut est accordé aux administrateurs.
Dans la mesure où de nombreuses questions étaient posées par la presse, depuis plusieurs semaines, concernant ma désignation au sein du CA de Liège Airport et afin d'éviter tout amalgame avec certains éléments relevant de ma vie privée, j’ai demandé ce vendredi 11 février à être déchargée de mon mandat"
Elle est également administratrice chez Be TV, la chaîne à péage disponible sur le réseau Voo, lui-même propriété du groupe Publifin-Nethys.
Pour rappel aussi, en 2005, à l'époque du décès de Guy Mathot, Michèle Lempereur, qualifiée parfois de "lobbyiste professionnelle", était entre autres  administratrice-déléguée d’une société de consultance, qui travaillait régulièrement pour Intradel. Michèle Lempereur avait d'ailleurs été auditionnée le 25 novembre 2011, dans cette affaire de corruption présumée, toujours à l'instruction, mais sans la levée d'immunité d'Alain Mathot.
Michèle Lempereur était aussi la patronne de Radio Ciel à Seraing, reprise depuis lors par la société éditrice de la "Libre Belgique" et de "La Dernière Heure-Les Sports". Reconnue comme réseau urbain dans le nouveau plan de fréquences, #Twizz n’a pu occuper sa fréquence qu’après avoir été menacée de retrait de licence, et après avoir obtenu une solide intervention financière de… Tecteo, justement.
Cette intervention aurait "scellé" l’alliance Demeyer-Moreau-Mathot.



Lire aussi:
Nethys pourrait quitter le capital de Liege Airport


Willy Demeyer flingue le salaire du patron de Nethys, Stéphane Moreau: "Il devra être plafonné à 290.000€"
Le député-bourgmestre de Liège et président de la fédération liégeoise du PS, Willy Demeyer reconnaît que ses dirigeants ont manqué de transparence et que le citoyen a le droit de savoir ce que les pouvoirs publics font de son argent. Et juge le salaire de Stéphane Moreau indigne d’un homme politique.
Qu’attendez-vous de cette commission d’enquête qui commence ce lundi ?
«  Ce sera l’occasion de démontrer ce qu’est réellement le groupe Publifin. Je reconnais qu’il y avait un défaut de communication autour de ce groupe. Ce qui ne veut pas dire pour autant que le projet soit mauvais. Une commission d’enquête va permettre de poser toutes les questions dans le respect des formes, y compris des droits des personnes invitées à comparaître  ».
Certains disent que c’est une manière d’enterrer l’enquête car cela va prendre des mois ?
«  Je ne pense pas car, dès le début, les parlementaires ont décidé de lui donner une durée définie, à savoir cinq mois. C’est bien car elle ne s’éternisera pas. Je participe à la commission « attentats » à la Chambre et je constate qu’elle fonctionne fort bien. En tout cas, plus vite on aura fait la lumière, mieux ça vaudra. Quant à nous, fédération liégeoise du PS, nous réglerons dans le même temps notre problème de gouvernance au sein de nos instances  ».
 

lundi 30 janvier 2017

Les principales sociétés de Nethys

Illustration de l'Echo
On hallucinait quand Daniel Weekers déclarait :
"NETHYS est une société privée et je n'ai pas à me justifier"
Confusion inadmissible. Nethys n'est pas une société privée, mais une société de droit privé, avec un actionnariat majoritairement public.  Et à ce titre, un contrôle "public" est évidemment nécessaire.
Juste pour mémoire et information à propos du sieur Weekers, ce "conseiller stratégique" de Stéphane Moreau gagne 600.000 euros par an. "Daniel Weekers, le directeur de la stratégie de Nethys, touche 50.000 euros par mois pour 10 heures de boulot par semaine", expliquait un fin connaisseur de l’entreprise à Martin Buxant de l'Echo. Ces émoluments sont deux fois supérieurs à ceux du Premier ministre...

On apprenait jeudi 26 janvier 2017, "la démission de l'ensemble du CA de Publifin".
Est-ce réellement correct, car tant du côté du MR que d'Ecolo, on a annoncé que les administrateurs ne démissionneraient pas ? Les admnistrateurs PS, eux, démissionnent, a-t-on confirmé du côté des socialistes. Les administrateurs cdH avaient déjà démissionné le samedi 21 janvier, et son président, Benoît Lutgen, avait alors demandé que les autres partis politiques fassent de même.

Eclaircissements, via Le Vif:
"Cible de nombreuses critiques, André Gilles continue de préparer sa sortie en proposant de réformer drastiquement l'intercommunale liégeoise, poussé par les répercussions du scandale Publifin dans la population et la réaction des partis politiques.
Le Conseil provincial liégeois s'était résolu la semaine dernière à avancer vers la démission ou la révocation des administrateurs actuels - du moins ceux qui n'ont pas déjà démissionné ou été démis par leurs partis -, accusés d'avoir mis en place ou toléré le système des comités de secteur, des organes purement consultatifs dans lesquels des mandataires locaux étaient grassement rémunérés sans obligation de prester.
Ce jeudi midi, le bureau exécutif de Publifin se réunira pour convoquer un CA le 9 février à 17h30, afin qu'il établisse l'ordre du jour de l'Assemblée générale extraordinaire à tenir dans la deuxième quinzaine du mois de mars pour entériner les démissions et révocations, et envisager le devenir de l'intercommunale."
Et la RTBF qui craint que Cédric Halin ne soit dégommé au passage ...
"Outre la démission ou la révocation de ses administrateurs devenues inévitables, l'intercommunale Publifin réduira de près de deux tiers le nombre de ses administrateurs, qui ne seront plus que dix à l'avenir, a annoncé mardi son président André Gilles (PS). Autre organe de direction, le bureau exécutif sera supprimé.
Le code wallon de la démocratie locale impose un nombre d'administrateurs compris entre 10 et 30 selon les statistiques de population.
Il sera proposé d'appliquer le nombre minimum de mandats d'administrateurs, soit la désignation de dix nouveaux administrateurs - "anciens administrateurs totalement exclus", souligne André Gilles - dont six par la Province de Liège et quatre par les communes associées.
Cela risque de chiffonner quelques susceptibilités écologistes mais aussi cdH si Cédric Halin, échevin cdH à Olne ne siégeait plus au CA de Publifin. C'est lui qui a révélé le pot aux roses fin 2016 et qui s'était vu confier par son président de parti Benoît Lutgen la mission de mettre de l'ordre chez Publifin."

Illustration via


Publifin, c'est loin d'être l'entière myriade, qui collectionne autant de mandats, CA, pour chacune des entités/sous-entités ...
Par exemple, le président Publifin André Gilles perdrait, dans l'aventure, 38.478,60 € brut par an.
Une belle somme mais qui au regard des autres mandats rémunérés de l'homme fort, n'est pas grand chose. Car André Gilles est aussi président du collège provincial et des CA  de Nethys, Ogeo Fund, Publipart, SOCOFE, GIE Tecteo/Brutélé...

Globalement et à cette heure, une Commission d'enquête parlementaire wallonne est nécessaire, afin de faire toute la lumière sur la situation des intercommunales en Francophonie et spécifiquement sur cette constellation surréaliste (voir l'illustration de la Libre). Ceci dit, à côté de toutes ces intercommunales, il y a toutes ces asbl publiques, qui est un monde bien plus opaque encore ...

Jean-Claude Marcourt:
"Je suis triste de constater que malgré beaucoup de réformes, il y a encore eu une faille. Le fait que cette faille vienne de ma région m'attriste encore plus. Je suis triste pour les 3.000 familles qui vivent de Nethys parce qu'aujourd'hui, l'opprobre vise tout le monde et il est difficile voire impossible de défendre la structure tant l'onde de choc est importante"
"on a raison de cibler ce parti, parce que l'éthique doit être chevillée au corps des socialistes"
Dans les provinces wallonnes, il existe une nébuleuse d'intercommunales semblable à Publifin et où siègent des mandataires publics tirant des revenus disproportionnés de cette activité. Autre exemple lié du secteur: ORES et son dédoublement de structure ...

Illustration via L'Echo

http://multimedia.lecho.be/publifin/images/big-9eca21193c.jpg



Ores est l'intercommunale employant 2.300 personnes. Elle gère plus de 50.000 km de réseaux d'électricité ainsi que 10.000 km de réseaux de gaz. 
"Un travail qui justifie amplement un conseil d'administration de 16 membres, un président et deux vice-présidents rémunérés"
En parallèle, il y a Ores Assets.. Cette deuxième intercommunale n'emploie personne et aurait dû disparaître. 
"Sa principale raison d'être a disparu depuis que les communes ont racheté les 25% de parts d'Electrabel dans le réseau de distribution. Elle pourrait être supprimée" 
La raison de l'existence de Ores Assets:
"Le principal conseil d'administration est composé de vingt-cinq administrateurs rémunérés avec un forfait de 5.400 euros brut par an, plus un jeton de 538 euros par conseil d'administration. Son président touche 21.500 euros par an et le vice-président 10.500 euros. Difficile pour les partis de renoncer à cette manne de mandats et aux rémunérations attachées"
Pour rappel, la suppression des comités de secteur a été actée par le Parlement wallon en 2015 mais avait été postposée au 1er juillet de cette année. Une sorte de fusion des deux conseils d’administration d'Ores.

Il existe d'autres intercommunales de "financement" pures, considérées comme obsolètes, telles que: Finest, Finimo, Sedifin, Idefin, Sofilux, IPFH, IEG et IFIGA.
Au total, cela représente 8 conseils d'administration, 8 comités de direction, 8 présidents, 16 vice-présidents et pas moins de 200 administrateurs... tous rémunérés

ISPPC : Cumul de rémunérations

L'ISPPC, l’intercommunale de santé publique du Pays de Charleroi, qui gère notamment l’hôpital Marie Curie, établissement hospitalier flambant neuf sis à Lodelinsart, a répondu à nos demandes d’infos de manière rapide. Le conseil d’administration est composé de 25 administrateurs, rémunérés selon les prescrits légaux. L’ISPPC ne dispose pas d’un comité directeur mais d’un bureau du président qui regroupe “le président et les vice-présidents. Aucun jeton de présence n’est prévu. Sont invités, sans être membres, Laurent Levêque (administrateur général), Philippe Lejeune (directeur général des hôpitaux) et Bruno Monaco (directeur général de la logistique)”, explique-t-on à l’ISPPC.

Concernant ces trois dernières personnes citées ainsi que pour le directeur général adjoint et le secrétaire général, on aperçoit dans le rapport de gestion 2015 un montant total de rémunérations de 858 385,44 € bruts.

Si on divise ce montant par cinq (pour rester prudent), chacun doit percevoir une rémunération avoisinant les 171 000 € par an en moyenne.

Scandaleux ? Peut-être pas, pour autant qu’on s’en contente ! Mais… ce n’est manifestement pas le cas. On constate aussi, en effet, mais sans connaître les rémunérations provenant de ces autres mandats, que Laurent Levêque (PS) officiait encore en 2015, outre sa fonction à l’ISPPC, comme administrateur rémunéré à la Sowaer, président du conseil d’administration de la BSCA (rémunéré) et comme administrateur (rémunéré) à la Sonaca.

Vingt-six mandats pour le directeur

Philippe Lejeune, lui, est également bourgmestre PS de Merbes-le-Château, chargé de cours à l’ULB et médecin. En tout il occupe 26 mandats dont cinq sont rémunérés.

mardi 24 juin 2014

Stabilité du pays des parvenus ...

Selon le journal l'Echo, Edmée De Groeve est de nouveau renvoyée en correctionnelle.
L’an­cienne professeur de néerlandais d'Elio Di Rupo, mais également et notamment pré­si­dente de l’aé­ro­port de Char­le­roi, Edmée De Groeve, ainsi que l’an­cien CEO, Mar­cel Bue­lens, sont ren­voyés de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel pour fraude et viol de la loi sur les mar­chés pu­blics.

Egalement, après cinq ans d’enquête, du réquisitoire du parquet de Liège, on apprend que le directeur général de l’aéroport de Liège Luc Partoune et le président de son conseil d’administration José Happart sont respectivement poursuivis pour détournement d’argent public et fausses factures et pour trafic d’influence.
José Happart aurait usé de son influence pour favoriser des entrepreneurs liégeois en échange de contrats publics pour ensuite bénéficier d’avantages de leur part.
Luc Partoune est lui soupçonné d’avoir utilisé l’argent public pour s’acheter des biens à des fins privées. Consul honoraire du Chili, il aurait également fait facturer à Liège Airport des frais de restauration pour deux séances de dégustation de vins chiliens.
(Le procureur du Roi de Liège demande également qu’une douzaine d’autres personnes soient jugées pour les mêmes affaires.
La chambre du conseil devra se prononcer le 26 septembre sur base de ce réquisitoire et éventuellement renvoyer le duo à la tête de Liège Airport en correctionnelle)

Pourtant, il y a à peine plus d'un mois,  le CA était arrivé au bout de son mandat et de nouveaux représentants devaient être désignés par les actionnaires.

Au total, 18 postes étaient à pourvoir, à répartir au prorata des différents actionnaires.
TEB Participations (Tecteo-Ethias-Belfius) pouvait désigner 7 administrateurs et avait la main pour la présidence ainsi qu’une vice-présidence. Le gouvernement wallon pouvait en nommer sept autres, dont le second vice-président. Les Aéroports de Paris, actionnaires à 25 % de Bierset, comptent quatre représentants.
Tecteo (majoritaire au sein du consortium TEB) a donc choisi de proposer à la présidence José Happart. La présidence du CA de l’aéroport revenait, selon les rapports de forces, à un socialiste. Et si José Happart avait répété à diverses reprises qu’il souhaitait rempiler, rien n’était moins sûr. Rappelons en effet que l’ancien président du Parlement wallon était inculpé pour corruption. (La chambre du conseil devra se prononcer le 26 septembre sur l'éventuel renvoi en correctionnelle)

Le gouvernement wallon s’était fendu à l’époque d’un communiqué soulignant la primauté de la présomption d’innocence.
José Happart, lui, se disait serein car on ne pouvait
"rien lui reprocher, si ce n’est d’avoir créé de l’emploi"
Le PS liégeois a décidé de maintenir José Happart à son poste pour la prochaine mandature qui dure, théoriquement, six ans.


Pour rappel, Alain Mathot, bien qu'inculpé par la justice liégeoise pour blanchiment d'argent et corruption dans le dossier d'Intradel/Uvélia, -du nom de cette unité d'incinération construite sur le site d'Intradel à Herstal et réalisée par Inova- était tête de liste aux dernières élections ...
Alain Mathot, avait justifié l'origine d'importantes sommes d'argent en sa possession par plusieurs victoires au casino, notamment au "Mandelieu", à Cannes, un nouvel élément tendait à prouver qu'il n'a jamais rien remporté en jouant au poker dans cet établissement