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jeudi 27 octobre 2016
Where it all started
samedi 8 septembre 2012
jeudi 3 mai 2012
Hayek, cet ultralibéral?
Le libéralisme est généralement caricaturé, comme une doctrine prônant l’absence de règles, laissant le monde se réguler tout seul. Ce qui est complètement faux. Le libéralisme, ce sont des règles, qui sont la déclinaison d’un principe : la liberté, sans nuire à autrui.
D’autre part, le libéralisme c’est aussi un système pour faire respecter les règles. Pour beaucoup de libéraux, c’est justement là le rôle de l’État. Mais, même ceux qui prônent l’absence d’État envisagent un système pour faire respecter le principe libéral. Absence d’État ne signifie pas absence de justice. Il peut y avoir une justice sans État.
Ensuite, Hayek est souvent présenté comme le parangon de « l’ultra-libéralisme » et de l’absence de règlementation. Sauf que, dans sa grande oeuvre, Droit, Législation et Liberté, il reconnaît pleinement une utilité à l’État, puisqu’il cherche à élaborer des principes constitutionnels. En bon libéral, il cherche des protections pour que l’État ne devienne pas big brother, et qu’il ne serve pas d’intérêts particuliers.
D’autre part, le libéralisme c’est aussi un système pour faire respecter les règles. Pour beaucoup de libéraux, c’est justement là le rôle de l’État. Mais, même ceux qui prônent l’absence d’État envisagent un système pour faire respecter le principe libéral. Absence d’État ne signifie pas absence de justice. Il peut y avoir une justice sans État.
Ensuite, Hayek est souvent présenté comme le parangon de « l’ultra-libéralisme » et de l’absence de règlementation. Sauf que, dans sa grande oeuvre, Droit, Législation et Liberté, il reconnaît pleinement une utilité à l’État, puisqu’il cherche à élaborer des principes constitutionnels. En bon libéral, il cherche des protections pour que l’État ne devienne pas big brother, et qu’il ne serve pas d’intérêts particuliers.
dimanche 22 avril 2012
Un débat truqué : socialisme contre libéralisme
| Jean-François Revel, La Grande Parade, chapitre 4, pp. 67-73, Pocket, 2001. |
Un malentendu fausse quasiment toutes les discussions sur les mérites respectifs du socialisme et du libéralisme : les socialistes se figurent que le libéralisme est une idéologie. Et, suivant une soumission mimétique souvent décrite dans ces pages, les libéraux se sont laissé inculquer cette vision grossièrement erronée d’eux-mêmes.
Les socialistes, élevés dans l’idéologie, ne peuvent concevoir qu’il existe d’autres formes d’activité intellectuelle. Ils débusquent partout cette systématisation abstraite et moralisatrice qui les habite et les soutient. Ils croient que toutes les doctrines qui les critiquent copient la leur en se bornant à l’inverser et qu’elles promettent, comme la leur, la perfection absolue, mais simplement par des voies différentes.
Si, par exemple, un libéral dit à un socialiste : « A l’usage, le marché semble être un moins mauvais moyen d’allocation des ressources que la répartition autoritaire et planifiée », le socialiste répond aussitôt : « Le marché ne résout pas tous les problèmes. » Certes ! Qui a jamais soutenu pareille ânerie ? Mais, comme le socialisme, lui, a été conçu dans l’illusion de résoudre tous les problèmes, ses partisans prêtent à leurs contradicteurs la même prétention. Or tout le monde n’est pas mégalomane, heureusement. Le libéralisme n’a jamais eu l’ambition de bâtir une société parfaite. Il se contente de comparer les diverses sociétés qui existent ou ont existé et de retenir les leçons à tirer de l’étude de celles qui fonctionnent ou ont fonctionné le moins mal. Pourtant, de nombreux libéraux, hypnotisés par l’impérialisme moral des socialistes, acceptent la discussion sur le même terrain qu’eux. « Je crois à la loi du marché, mais elle ne suffit pas », déclare l’économiste américain Jeremy Rifkin. « Le marché libre ne peut tout résoudre », renchérit le spéculateur George Soros. Ces piètres truismes émanent d’un système de pensée figé, selon lequel le libéralisme serait une théorie opposée au socialisme par ses thèses mais identique à lui par ses mécanismes.
lundi 9 avril 2012
samedi 4 février 2012
Le bon sens contre l’utopie
Les Éditions Gallimard publient un nouveau recueil d’articles de Mario Vargas Llosa :
Rares sont les écrivains libéraux et encore plus rares ceux qui savent défendre le libéralisme économique. Vargas Llosa fait partie de ceux-ci. Dans ce volume d’essais, il dénonce avec multiples arguments les ravages de l’étatisme et du socialisme en Amérique latine et fait l’éloge de la liberté économique. Pour quelqu’un qui a été marxiste dans sa jeunesse, les élections de Reagan et de Thatcher ont été de véritables révélations. Vargas Llosa en personne a été candidat libéral aux présidentielles péruviennes de 1990. Son programme économique était on ne peut plus reaganien. Depuis, il n’a cessé de se battre pour des réformes libérales dans les pays d’Amérique latine.
Les parties sont consacrées à la plaie de l’autoritarisme en Amérique latine, aux « fausses » révolutions sur ce continent, aux obstacles au développement (nationalisme, corruption, populisme, indigénisme), à la supériorité de la démocratie libérale (« Il n’y a pas de démocratie qui survive à une accumulation aussi désorbitée du pouvoir économique aux mains du pouvoir politique »), sur les autres formes de gouvernement et à la culture sud-américaine.
Parmi les exemples d’autoritarisme figure la dictature « parfaite » du PRI (Parti révolutionnaire institutionnel) au Mexique. Créé en 1929 par le général Plutarco Elias Calle (une des originalités de certaines dictatures militaires sud-américaines est leur idéologie marxiste), le PRI a accaparé un État qu’il a modelé et administré à sa guise pendant plus de 70 ans. La dictature cubaine – qui dure encore – a fait croire que la façon la plus efficace de l’amadouer est l’amitié ou la complicité. De nombreux intellectuels et politiques ont fait des courbettes devant le barbu de La Havane avec pour seul effet de pérenniser sa tyrannie. Vargas Llosa fait partie de ceux qui ont soutenu la révolution cubaine à ses débuts. Mais il a vite déchanté dès les premières arrestations et meurtres. Saisissantes les pages sur les organisations terroristes comme le Sentier lumineux ou comme le FARC, sur l’épuration ethnique menée par le sous-commandant Marcos en Bolivie que le sociologue Alain Touraine a qualifié de « démocrate en armes ».
De sabres et d’utopies. Visions d’Amérique latine (Gallimard, 2011)Par Bogdan Calinescu Article publié en collaboration avec l’aleps
Les parties sont consacrées à la plaie de l’autoritarisme en Amérique latine, aux « fausses » révolutions sur ce continent, aux obstacles au développement (nationalisme, corruption, populisme, indigénisme), à la supériorité de la démocratie libérale (« Il n’y a pas de démocratie qui survive à une accumulation aussi désorbitée du pouvoir économique aux mains du pouvoir politique »), sur les autres formes de gouvernement et à la culture sud-américaine.
Parmi les exemples d’autoritarisme figure la dictature « parfaite » du PRI (Parti révolutionnaire institutionnel) au Mexique. Créé en 1929 par le général Plutarco Elias Calle (une des originalités de certaines dictatures militaires sud-américaines est leur idéologie marxiste), le PRI a accaparé un État qu’il a modelé et administré à sa guise pendant plus de 70 ans. La dictature cubaine – qui dure encore – a fait croire que la façon la plus efficace de l’amadouer est l’amitié ou la complicité. De nombreux intellectuels et politiques ont fait des courbettes devant le barbu de La Havane avec pour seul effet de pérenniser sa tyrannie. Vargas Llosa fait partie de ceux qui ont soutenu la révolution cubaine à ses débuts. Mais il a vite déchanté dès les premières arrestations et meurtres. Saisissantes les pages sur les organisations terroristes comme le Sentier lumineux ou comme le FARC, sur l’épuration ethnique menée par le sous-commandant Marcos en Bolivie que le sociologue Alain Touraine a qualifié de « démocrate en armes ».
mardi 19 avril 2011
Tel ou tel ne "mérite" pas son salaire
La condition même d'une coexistence pacifique dans une société complexe implique qu'on y reconnaisse différentes échelles de valeur sans favoriser aucun d'entre elles (du moment qu'elles ne violent pas les libertés fondamentales).
La rémunération dans le privé ne dépend pas du "mérite" mais de la "valeur"(au sens économique). La valeur ainsi comprise est une notion moralement neutre et une notion objective.
Exemple: l'action de tel manager a fait gagner x centaines de millions d'euros à son entreprise cette année. C'est la richesse qu'il crée. Plus fondamentalement, cela correspond à la demande qu'il comble auprès du public. Une rock star gagne x fois plus qu'un violoniste car il comble x fois plus de demandes que lui. Mais aucun des deux n'est plus méritant que l'autre (du moins dans l'absolu: chacun peut évidemment avoir son avis là-dessus en fonction de son échelle de valeurs).
Dire que la rémunération doit être fonction du mérite, cela reviendrait à dire qu'une infirmière est x fois moins méritante qu'un banquier ou un footballeur parce qu'elle gagne x fois moins. C'est évidemment absurde. Raison pour laquelle il faut dire que la rémunération récompense la "valeur" et non pas le "mérite". Raison pour laquelle cela n'a pas de sens d'affirmer que tel ou tel ne "mérite" pas son salaire.
A une exception près cependant: les entreprises publiques ou les entreprises qui ont été secourues par l'Etat et qui n'ont pas encore remboursé leur dette à la collectivité. Dans ces cas là, de tels bonus sont effectivement indécents. Car cet argent ne vient pas de consommateurs qui ont librement dépensé cet argent mais de contribuables qui ont été forcé de le faire dans l'intérêt public.
La rémunération dans le privé ne dépend pas du "mérite" mais de la "valeur"(au sens économique). La valeur ainsi comprise est une notion moralement neutre et une notion objective.
Exemple: l'action de tel manager a fait gagner x centaines de millions d'euros à son entreprise cette année. C'est la richesse qu'il crée. Plus fondamentalement, cela correspond à la demande qu'il comble auprès du public. Une rock star gagne x fois plus qu'un violoniste car il comble x fois plus de demandes que lui. Mais aucun des deux n'est plus méritant que l'autre (du moins dans l'absolu: chacun peut évidemment avoir son avis là-dessus en fonction de son échelle de valeurs).
Dire que la rémunération doit être fonction du mérite, cela reviendrait à dire qu'une infirmière est x fois moins méritante qu'un banquier ou un footballeur parce qu'elle gagne x fois moins. C'est évidemment absurde. Raison pour laquelle il faut dire que la rémunération récompense la "valeur" et non pas le "mérite". Raison pour laquelle cela n'a pas de sens d'affirmer que tel ou tel ne "mérite" pas son salaire.
A une exception près cependant: les entreprises publiques ou les entreprises qui ont été secourues par l'Etat et qui n'ont pas encore remboursé leur dette à la collectivité. Dans ces cas là, de tels bonus sont effectivement indécents. Car cet argent ne vient pas de consommateurs qui ont librement dépensé cet argent mais de contribuables qui ont été forcé de le faire dans l'intérêt public.
Dans le privé, l'Etat n'a pas à intervenir, contrairement à ce que disent les socialistes auteurs des trois projets. Dans le privé, le revenu n'est pas fonction du mérite et n'a pas à l'être. Pourquoi ?
Parce que le mérite est une notion mo...rale qui implique toujours une échelle de valeur.
Or, une société libérale n'impose pas une échelle particulière de valeurs si ce n'est les libertés fondamentales (sorte de méta-valeurs).
Parce que le mérite est une notion mo...rale qui implique toujours une échelle de valeur.
Or, une société libérale n'impose pas une échelle particulière de valeurs si ce n'est les libertés fondamentales (sorte de méta-valeurs).
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