Depuis l'élection de Chavez il y a 14 ans, le Venezuela est devenu plus dangereux que la Colombie ou même le Mexique.
FTVi : Pourquoi ce titre, Hugo Chavez, le grand mensonge ?
Caroline du Saint : Notre documentaire n'est pas un pamphlet anti-Chavez, mais une radiographie de la société vénézuélienne après quatorze années passées sous sa présidence. Car ce qui est choquant, c'est le contraste entre son discours et la réalité. Il assure qu'il fait et continuera de faire le bien, mais en définitive, il a fait comme tous les autres dirigeants sud-américains et a mis en place une oligarchie classique qui détient tous les rouages du pouvoir.
Pourtant, avec la nationalisation de l'industrie pétrolière, Hugo Chavez a profondément réformé le pays…Le Venezuela possède en effet les plus grandes réserves de pétrole au monde, devant l'Arabie saoudite. Une manne qui a permis des progrès incontestables en matière d’éducation, d’alphabétisation et de santé. La pauvreté a été fortement réduite et l’extrême pauvreté presque éradiquée. Mais ce qui frappe lorsque l'on se rend dans ce pays, c'est l'insécurité.
Avant l'arrivée de Chavez, il y avait près de 4 000 morts par arme à feu chaque année. Maintenant, ils sont près de 19 400, soit quatre fois plus qu’en Irak, et autant qu'au Mexique. Pourtant, le pays est épargné par les gangs et le narcotrafic. A Caracas, on compte en moyenne une cinquantaine de morts chaque week-end pour un téléphone, une voiture ou une simple rixe. Mais le sujet n'est jamais abordé. Le président a interdit les statistiques pour éviter d'avoir à rendre des comptes. Seuls certains journalistes continuent de compter les cadavres dans les morgues.
Comment cette violence s'explique-t-elle ?
C'est le changement de système qui est responsable de cette situation. Chavez a complètement démantelé la police et la justice, des institutions bourgeoises, selon lui. Il a donc livré le pays aux milices et à la guérilla, permettant aux armes de se répandre. Dix-neuf millions d'armes à feu circulent pour 27 millions d'habitants. La population est donc soumise à la loi du plus fort et 90% des meurtres restent impunis.