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mardi 14 août 2012

La Grande-Bretagne évitera-t-elle la gueule de bois?

Les Jeux Olympiques qui viennent de prendre fin à Londres vont-ils plomber économiquement la capitale britannique ? Doit-on le craindre à l'instar des Jeux de Montréal et d'Athènes ou plutôt lorgner sur l'après Barcelone, il y a vingt ans, bien plus optimiste.Le budget annoncé au moment de l'attribution (3,4 milliards d'euros) est passé à 11 milliards. De quoi consoler Paris, qui n'aurait pas échappé à un tel surcoût, douloureux en période de crise. Encore faut-il ajouter les 6 milliards d'euros de remise à niveau des transports de la capitale britannique. Une enquête diffusée sur la chaîne Sky Sports la chiffre même à 30 milliards! Les Jeux en valent-ils la chandelle? S'ils étaient rentables à coup sûr, Rome n'aurait pas renoncé à sa candidature pour 2020.

Le nom de la ville organisatrice sera dévoilé le 7 septembre 2013. Il reste trois candidats: Istanbul, Tokyo et Madrid.

M. Rogge :
"Et maintenant, selon la tradition, je proclame la clôture des Jeux de la XXXe Olympiade et je convie la jeunesse du monde à s'assembler dans quatre ans à Rio de Janeiro pour y célébrer avec nous les Jeux de la XXXIe Olympiade"

samedi 28 juillet 2012

Les mythes des Jeux Olympiques, ancien et moderne

Les Jeux Olympiques des deux dernières décennies sont devenus exponentiellement plus orientés vers le divertissement. Même la prolifération d'un mercantilisme grossier est un élément positif puisqu'il renvoie les JO au rôle qu'ils remplissent le mieux.

Les Jeux Olympiques commencent, ce qui veut dire qu'à côté des parades d'athlètes, nous allons devoir supporter la parade d'infatués qui essaieront d'utiliser les Jeux pour leur propre promotion. Le Comité Olympique International pense que ce spectacle sportif de plusieurs milliards de dollars est en pratique une sorte de mouvement mondial pour la paix, pendant que les politiciens locaux voient les Jeux comme la toile sur laquelle ils peuvent projeter leurs opinions sur l'économie, le commerce international, les politiques environnementales, et tout ce dont ils peuvent imaginer. Ils ne parlent que de ça.


Lire aussi:
Comment la propriété intellectuelle a transformé les Jeux olympiques en cauchemar cyberpunk

A première vue, il y a assez peu de rapports entre les Jeux olympiques de Londres et les univers dystopiques du cyberpunk, tel qu’ils ont été imaginés à partir des années 80 dans les romans de William Gibson, de Bruce Sterling de Philip K. Dick ou de John Brunner.
A bien y réfléchir cependant, le dopage – dont le spectre rôde sans surprise toujours sur ces jeux 2012 – est déjà un élément qui fait penser au cyberpunk, où les humains cherchent à s’améliorer artificiellement par le biais d’implants bioniques ou l’absorption de substances chimiques.
Mais c’est plutôt à travers la gestion des droits de propriété intellectuelle par le CIO que l’analogie avec le cyberpunk me semble la plus pertinente et à mesure que se dévoile l’arsenal effrayant mis en place pour protéger les copyrights et les marques liés à ces jeux olympiques, on commence à entrevoir jusqu’où pourrait nous entraîner les dérives les plus graves de la propriété intellectuelle.
Une des caractéristiques moins connues des univers cyberpunk est en effet la place que prennent les grandes corporations privées dans la vie des individus. L’article de Wikipédia explicite ainsi ce trait particulier :
Multinationales devenues plus puissantes que des États, elles ont leurs propres lois, possèdent des territoires, et contrôlent la vie de leurs employés de la naissance à la mort. Leurs dirigeants sont le plus souvent dénués de tout sens moral. La compétition pour s’élever dans la hiérarchie est un jeu mortel.
Les personnages des romans cyberpunk sont insignifiants comparativement au pouvoir quasi-divin que possèdent les méga-corporations : ils sont face à elles les grains de sable dans l’engrenage.
Dans les univers cyberpunk, les firmes privées les plus puissantes ont fini par absorber certaines des prérogatives qui dans notre monde sont encore l’apanage des Etats, comme le maintien de l’ordre par la police ou les armées. Les corporations cyberpunk contrôlent des territoires et les employés qui travaillent pour elles deviennent en quelque sorte l’équivalent de “citoyens” de ces firmes, dont les droits sont liés au fait d’appartenir à une société puissante ou non.
Pour les JO de Londres, le CIO est parvenu à se faire transférer certains droits régaliens par l’Etat anglais, mais les romanciers de la vague cyberpunk n’avaient pas prévu que c’est par le biais de la propriété intellectuelle que s’opérerait ce transfert de puissance publique.


Pour défendre ses marques et ses droits d’auteur, mais aussi être en mesure de garantir de réelles exclusivités à ses généreux sponsors comme Coca-Cola, Mac Donald’s, Adidas, BP Oil ou Samsung, le CIO a obtenu du Parlement anglais le vote en 2006 d’un Olympics Game Act, qui lui confère des pouvoirs exorbitants. L’Olympics Delivery Authority dispose ainsi d’une armada de 280 agents pour faire appliquer la réglementation en matière de commerce autour des 28 sites où se dérouleront les épreuves et le LOCOG (London Organizing Committee) dispose de son côté d’une escouade de protection des marques, qui arpentera les rues de Londres revêtue de casquettes violettes pour s’assurer du respect de l’Olympics Brand Policy. Ils auront le pouvoir d’entrer dans les commerces, mais aussi dans les “locaux privés”, et de saisir la justice par le biais de procédures d’exception accélérées pour faire appliquer des amendes allant jusqu’à 31 000 livres…
L’Olympics Game Act met en place une véritable police du langage, qui va peser de tout son poids sur la liberté d’expression pendant la durée des jeux. Il est par exemple interdit d’employer dans une même phrase deux des mots “jeux”, “2012″, Twenty Twelve”, “gold”, “bronze” ou “medal”. Pas question également d’utiliser, modifier, détourner, connoter ou créer un néologisme à partir des termes appartenant au champ lexical des Jeux. Plusieurs commerces comme l’Olympic Kebab, l’Olymic Bar ou le London Olympus Hotel ont été sommés de changer de noms sous peine d’amendes et il existe un Tumblr dénommé OpenOlympics qui recense tous les lieux à Londres qui ont été obligés de se plier à la loi du CIO !
L’usage des symboles des jeux, comme les anneaux olympiques, est strictement réglementé. Un boulanger a été obligé d’enlever de sa vitrine des pains qu’il avait réalisés en forme d’anneaux ; une fleuriste a subi la même mésaventure pour des bouquets reprenant ce symbole et une grand-mère a même été inquiétée parce qu’elle avait tricoté pour une poupée un pull aux couleurs olympiques, destiné à être vendu pour une action de charité !
Cette règle s’applique aussi strictement aux médias, qui doivent avoir acheté les droits pour pouvoir employer les symboles et les termes liées aux Jeux. N’ayant pas versé cette obole, la chaîne BFM en a été ainsi réduite à devoir parler de “jeux d’été” pour ne pas dire “olympiques”. Une dérogation légale existe cependant au nom du droit à l’information pour que les journalistes puissent rendre compte de ces évènements publics. Mais l’application de cette exception est délicate à manier et le magazine The Spectator a été inquiété pour avoir détourné les anneaux olympiques sur une couverture afin d’évoquer les risques de censure découlant de cet usage du droit des marques. Cet article effrayant indique de son côté que plusieurs firmes anglaises préfèrent à titre préventif s’autocensurer et dire “The O-word” plutôt que de se risquer à employer le terme “Olympics“. On n’est pas loin de Lord Voldemort dans Harry Potter, Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Dire-Le-Nom !

Le dérapage vers la censure, le CIO l’a sans doute déjà allègrement franchi. Le blog anglais Free Speech rapporte que les comptes Twitter d’activistes protestant contre la tenue des jeux à Londres ont été suspendus suite à des demandes adressées à Twiter, parce qu’ils contenaient dans leur nom les termes JO 2012. Des moyens exceptionnels de police ont aussi été mis en place pour disperser les manifestations et patrouiller dans plus de 90 zones d’exclusion. Plus caricatural encore, il n’est permis de faire un lien hypertexte vers le site des JO 2012 que si l’on dit des choses positives à leurs propos !

jeudi 25 août 2011

We will restore a stronger sense of morality and responsibility




Lire aussi:The moral decay of our society is as bad at the top as the bottom
Tottenham ablaze: the riots began early on Sunday (Photo: AP)

David Cameron, Ed Miliband and the entire British political class came together yesterday to denounce the rioters. They were of course right to say that the actions of these looters, arsonists and muggers were abhorrent and criminal, and that the police should be given more support.
But there was also something very phony and hypocritical about all the shock and outrage expressed in parliament. MPs spoke about the week’s dreadful events as if they were nothing to do with them.

I cannot accept that this is the case. Indeed, I believe that the criminality in our streets cannot be dissociated from the moral disintegration in the highest ranks of modern British society. The last two decades have seen a terrifying decline in standards among the British governing elite. It has become acceptable for our politicians to lie and to cheat. An almost universal culture of selfishness and greed has grown up.
It is not just the feral youth of Tottenham who have forgotten they have duties as well as rights. So have the feral rich of Chelsea and Kensington. A few years ago, my wife and I went to a dinner party in a large house in west London. A security guard prowled along the street outside, and there was much talk of the “north-south divide”, which I took literally for a while until I realised that my hosts were facetiously referring to the difference between those who lived north and south of Kensington High Street.
Most of the people in this very expensive street were every bit as deracinated and cut off from the rest of Britain as the young, unemployed men and women who have caused such terrible damage over the last few days. For them, the repellent Financial Times magazine How to Spend It is a bible. I’d guess that few of them bother to pay British tax if they can avoid it, and that fewer still feel the sense of obligation to society that only a few decades ago came naturally to the wealthy and better off.
Yet we celebrate people who live empty lives like this. A few weeks ago, I noticed an item in a newspaper saying that the business tycoon Sir Richard Branson was thinking of moving his headquarters to Switzerland. This move was represented as a potential blow to the Chancellor of the Exchequer, George Osborne, because it meant less tax revenue.
I couldn’t help thinking that in a sane and decent world such a move would be a blow to Sir Richard, not the Chancellor. People would note that a prominent and wealthy businessman was avoiding British tax and think less of him. Instead, he has a knighthood and is widely feted. The same is true of the brilliant retailer Sir Philip Green. Sir Philip’s businesses could never survive but for Britain’s famous social and political stability, our transport system to shift his goods and our schools to educate his workers.
Yet Sir Philip, who a few years ago sent an extraordinary £1 billion dividend offshore, seems to have little intention of paying for much of this. Why does nobody get angry or hold him culpable? I know that he employs expensive tax lawyers and that everything he does is legal, but he surely faces ethical and moral questions just as much as does a young thug who breaks into one of Sir Philip’s shops and steals from it?
Our politicians – standing sanctimoniously on their hind legs in the Commons yesterday – are just as bad. They have shown themselves prepared to ignore common decency and, in some cases, to break the law. David Cameron is happy to have some of the worst offenders in his Cabinet. Take the example of Francis Maude, who is charged with tackling public sector waste – which trade unions say is a euphemism for waging war on low‑paid workers. Yet Mr Maude made tens of thousands of pounds by breaching the spirit, though not the law, surrounding MPs’ allowances.
A great deal has been made over the past few days of the greed of the rioters for consumer goods, not least by Rotherham MP Denis MacShane who accurately remarked, “What the looters wanted was for a few minutes to enter the world of Sloane Street consumption.” This from a man who notoriously claimed £5,900 for eight laptops. Of course, as an MP he obtained these laptops legally through his expenses.
Yesterday, the veteran Labour MP Gerald Kaufman asked the Prime Minister to consider how these rioters can be “reclaimed” by society. Yes, this is indeed the same Gerald Kaufman who submitted a claim for three months’ expenses totalling £14,301.60, which included £8,865 for a Bang & Olufsen television.
Or take the Salford MP Hazel Blears, who has been loudly calling for draconian action against the looters. I find it very hard to make any kind of ethical distinction between Blears’s expense cheating and tax avoidance, and the straight robbery carried out by the looters.

The Prime Minister showed no sign that he understood that something stank about yesterday’s Commons debate. He spoke of morality, but only as something which applies to the very poor:
“We will restore a stronger sense of morality and responsibility – in every town, in every street and in every estate.” 
He appeared not to grasp that this should apply to the rich and powerful as well.
The tragic truth is that Mr Cameron is himself guilty of failing this test. It is scarcely six weeks since he jauntily turned up at the News International summer party, even though the media group was at the time subject to not one but two police investigations. Even more notoriously, he awarded a senior Downing Street job to the former News of the World editor Andy Coulson, even though he knew at the time that Coulson had resigned after criminal acts were committed under his editorship. The Prime Minister excused his wretched judgment by proclaiming that “everybody deserves a second chance”. It was very telling yesterday that he did not talk of second chances as he pledged exemplary punishment for the rioters and looters.
These double standards from Downing Street are symptomatic of widespread double standards at the very top of our society. It should be stressed that most people (including, I know, Telegraph readers) continue to believe in honesty, decency, hard work, and putting back into society at least as much as they take out.
But there are those who do not. Certainly, the so-called feral youth seem oblivious to decency and morality. But so are the venal rich and powerful – too many of our bankers, footballers, wealthy businessmen and politicians.
Of course, most of them are smart and wealthy enough to make sure that they obey the law. That cannot be said of the sad young men and women, without hope or aspiration, who have caused such mayhem and chaos over the past few days. But the rioters have this defence: they are just following the example set by senior and respected figures in society. Let’s bear in mind that many of the youths in our inner cities have never been trained in decent values. All they have ever known is barbarism. Our politicians and bankers, in sharp contrast, tend to have been to good schools and universities and to have been given every opportunity in life.
Something has gone horribly wrong in Britain. If we are ever to confront the problems which have been exposed in the past week, it is essential to bear in mind that they do not only exist in inner-city housing estates.
The culture of greed and impunity we are witnessing on our TV screens stretches right up into corporate boardrooms and the Cabinet. It embraces the police and large parts of our media. It is not just its damaged youth, but Britain itself that needs a moral reformation.

Lire aussi:
Muslims tackle looters and bigots
There is a lively debate taking place in the UK media between left and right wing commentators as to the causes of the English riots, in which hundreds of shops and businesses have been looted. However, both sides agree that the looting has been inexcusable. I hope both sides will also agree with me that Muslims have played an important role in helping to tackle the looting and preserve public safety. This would be an especially important acknowledgment if it came from those Islamophobic commentators who consistently denigrate Muslims. "When accused of terrorism we are Muslims, when killed by looters, we become Asian", a Muslim student explained to me. He was commenting on the media reportingof the death of three young Muslims in Birmingham on Tuesday night. Like many other Muslims, they were bravely defending shops and communities as rioters went on a violent rampage of looting. In recent days Muslim Londoners, Muslims from Birmingham, and Muslims in towns and cities around England have been at the forefront of protecting small businesses and vulnerable communities from looting. Having worked closely with Muslim Londoners, first as a police officer and more recently as a researcher, for the last ten years this commendable bravery comes as no surprise to me. But their example of outstanding civic duty in support of neighbours is worth highlighting - especially when sections of the UK media are so quick to print negative headlines about Muslims on the flimsiest of pretexts.
Muslims tackle looters and bigots 

En Angleterre, "en tant que société, nous avons échoué"

Une semaine après le début des émeutes, l'Angleterre essaie toujours de comprendre les raisons qui ont poussé des centaines de jeunes, issus de toutes les communautés, à sortir dans les rues, à casser et piller les magasins. Pour leJDD.fr, Chris Allen, sociologue à l'Université de Birmingham et auteur en 2010 du très remarqué Islamophobia, analyse la situation. L'universitaire insiste notamment sur l'origine sociale de ces émeutes.

Comment qualifier ce mouvement?
Nous avons une tradition historique en Grande-Bretagne des mouvements sociaux. Mais cette fois-ci, ce qui est assez unique, c'est qu'il s'agit d'un phénomène multiculturel. Parmi les pilleurs, il y avait des noirs, des Indiens, des Pakistanais, des blancs. Ils reflétaient vraiment la jeunesse anglaise.
Quelles sont leur motivation?
En tant que groupe, ces individus ne sont pas politiquement mobilisés. Ils n'ont pas d'agenda politique. Ils veulent défier l'autorité de la police. Ce sont des émeutes de la consommation. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas une analyse politique de ce mouvement à faire, car ces émeutes reflètent ce qu'il se passe dans la société.
Peut-on parler de conflit social?
Il y a trente ans, Margaret Thatcher décrétait la fin de la société. Depuis, on s'est concentré sur l'individu. Mais pendant ce temps-là, le fossé entre les riches et les pauvres n'a cessé d'augmenter. Nous avons aujourd'hui toute une génération sans espoir, touchée par le chômage et l'absence d'éducation. Ces jeunes pensent qu'ils n'ont pas de place, pas de rôle dans la société britannique. En tant que société, nous avons échoué. Nous sommes très forts pour dire que les gens qui vivent dans ces quartiers sont des paresseux irresponsables qui vivent sur le dos du système. Nous nous sommes contentés de mettre la poussière sous le tapis. Mais elle est toujours là. Quand les choses vont bien, il est très facile pour nous collectivement d'ignorer ce qu'il se passe. Mais quand les choses vont mal, qu'on connait la récession et le chômage, qu'on met en place de sévères coupes budgétaires dans les services sociaux, on réalise à quel point nous sommes confrontés à un sérieux problème.
«En Grande-Bretagne, la question des classes sociales est devenue taboue.»Selon David Cameron, le multiculturalisme à l'anglaise a échoué, en encourageant chaque communauté à vivre séparée les unes des autres et en effaçant le sentiment d'identité nationale. Qu'en pensez-vous?
Ces émeutes prouvent exactement le contraire! Toutes les communautés se sont retrouvées ensemble dans la rue. Si vous vous baladez dans Birmingham, vous voyez que toutes les communautés travaillent et vivent ensemble. Nous sommes totalement multiculturels. En revanche, ce n'est pas la notion même de multiculturalisme qu'il faut questionner mais la manière dont les politiques l'ont géré. Ils se sont concentrés sur les communautés minoritaires au détriment de la communauté majoritaire. Or, le multiculturalisme, c'est respecter les différences sans faire de différence. De fait, la communauté blanche a l'impression d'avoir été délaissée.