mercredi 16 novembre 2011

Goldman Sachs.eu

Article du site RTBF.be : Quand Goldman Sachs tisse sa toile en Europe ...

Récemment, trois personnalités liées de près ou de loin à la banque d'affaires américaine Goldman Sachs, notamment connue pour avoir aidé la Grèce à dissimuler une partie de sa dette, ont accédé à des postes en vue en Europe.
Et si les nouveaux Premiers ministres grecs et italiens, salués par les marchés et sur lesquels les espoirs de la zone euro reposent, étaient en fait des "infiltrés" ? C’est un peu la question que pose Le Monde qui constate que le président du conseil italien, Mario Monti, le nouveau Premier ministre grec, Lucas Papadémos, et le récemment nommé président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, en plus d’être des économistes chevronnés, sont tous liés à la banque d’affaires américaine Goldman Sachs.
Mario Draghi, était vice-président de Goldman Sachs pour l’Europe entre 2002 et 2005, Mario Monti est conseiller international depuis 2005 et Lucas Papadémos était à la tête de la Banque centrale grecque quand les comptes ont été truqués avec l’aide de Goldman Sachs.

Goldman Sachs, une banque d’affaires américaine…

Goldman Sachs est une banque d’affaires dont le siège est situé dans le Financial District de Manhattan, et dont les clients sont aussi bien des entreprises que des gouvernements.
… au centre de toutes les polémiques
Cette banque d’affaires aurait aidé la Grèce à camoufler sa dette et donc à "truquer" ses comptes afin de rentrer dans la zone euro. Pile au moment où Mario Draghi, l’actuel patron de la Banque centrale européenne, était vice-président pour l’Europe de la banque américaine.

Selon l’Humanité, qui rapporte des informations du New York Times, des collègues banquiers de Mario Dragui expliquent que lui-même était chargé de vendre les produits financiers swap qui ont permis à la Grèce de camoufler sa dette.

Ce n’est pas la seule polémique à l’actif de la banque new-yorkaise. Ainsi, aux Etats-Unis, Goldman Sachs a été poursuivie pour une fraude liée aux subprimes. Elle a conclu un accord avec la SEC, l'autorité américaine de contrôle des marchés financiers, et a accepté de s'acquitter d'un montant record de 550 millions de dollars.

Un réseau puissant

Goldman Sachs peut compter sur un réseau déployé à travers le monde à des postes stratégiques. Elle recrute d’ailleurs d’anciens banquiers centraux et d’anciens commissaires européens. Hormi les trois dirigeants cités ci-dessus, la toilé tissée par la banque en Europe compte ainsi Peter Sutherland, président de Goldman Sachs International, ancien commissaire européen à la Concurrence ou encore Otmar Issing, ancien membre du directoire de la Bundesbank et ancien de la BCE.
Cependant, il ne faut pas dramatiser, comme le fait remarquer Marc Roche, journaliste et auteur d’un ouvrage sur l’emprise de Goldman Sachs, repris par Rue89 : "Il ne faut pas tomber là-dedans. Leurs réseaux ne peuvent pas tout faire, l'efficacité de ce réseau est moindre aujourd'hui. Et Mario Monti, comme Draghi, sont surveillés par la presse, les députés et les ONG", constate-t-il, tout en ajoutant : "Tous les gens de Goldman Sachs que j'ai rencontrés restent très liés à la banque". 
J.C.

Lire aussi :
Notre dossier complet sur l'Europe et la crise


lundi 14 novembre 2011

Promotion personnelle.gov.bxl

Les partis du parlement bruxellois via leur organe du collège de contrôle des dépenses de communication du gouvernement bruxellois, ont décidé de sanctionner le gouvernement bruxellois pour la diffusion d'un film de promotion d'un événement gastronomique "qui s'apparente à de la promotion personnelle des ministres" et d'imputer la dépense (4.900 €) de ce film de promotion de l'Année de la gastronomie, dans les frais de campagne électorale de chacun des ministres.

Marion Lemesre, députée bruxelloise :
"Pour la première fois, l'Olivier bruxellois a été sanctionné pour infraction à la réglementation visant à interdire la promotion de l'image personnelle"

dimanche 13 novembre 2011

Primavera : "Bouffon", "cochon", "mafioso", ...

20h40, Silvio Berlusconi entre au Quirinal, pour y déposer sa démission. Dehors la foule agglutinée derrière les barrières de sécurité hurle et siffle. Le showman revendiqué et arrogant, doit sortir par une porte dérobée. Une scène rappelant le sort de son prédécesseur, le socialiste Bettino Craxi quittant sous les harangues de la foule un hôtel romain en 1993.


vendredi 11 novembre 2011

Il est exactement 11H11, ce 11/11/11 ... mais en octobre 2002 ...

"Il n'y a pas de faute ou de négligence dans le chef de l'Etat belge du fait de la gestion du dossier Sabena
Telle est la conclusion, laconique, d'un rapport de 100 pages établi par le cabinet d'avocats Nauta Dutilh pour le compte du ministre des Participations publiques, Rik Daems.
Ce rapport a été remis ce lundi à la commission parlementaire chargée d'enquêter sur les causes de la faillite du transporteur. Récit d'une agonie, sur la base de la chronologie très précise contenue dans le rapport.
Le ministre des Participations publiques prend ses fonctions, le 12 juillet 1999. La santé de la Sabena paraît bonne. D'après le document, petit à petit, le ministre découvre que le dossier est moins simple qu'il y paraît. Un rapport de la Banque d'affaires Goldman Sachs indique que « Swissair avait le contrôle de la gestion journalière de la Sabena depuis 1995 » (NDLR, date des accords conclus entre le gouvernement belge, représenté par Elio Di Rupo, et Swissair). Un autre rapport, établi par le Boston Consulting Group en 2000 pour le compte de Rik Daems, indique que le financement des Airbus altère gravement la situation financière.
Dans ce contexte, Rik Daems crée un comité d'accompagnement, composé notamment d'experts du Boston Consulting Group, d'ING, du bureau d'avocats Cleary Gottlieb et de la Société fédérale de participations (SFP). Ce groupe arrive rapidement à la conclusion que le partenariat avec Swissair doit se poursuivre. « La Sabena est totalement dépendante de Swissair parce qu'elle est incapable de financer seule ses Airbus et parce qu'elle est liée par des contrats très défavorables avec City Bird et Virgin Express », dit le rapport.
Rik Daems signe donc de nouvelles conventions avec la compagnie suisse, qui mettent en oeuvre les accords signés en 1995. Le 26 avril 2000, les dirigeants de Swissair apposent leur signature au bas d'un document qui prévoit que le groupe helvétique sera propriétaire à 85 % de la Sabena lorsque les accords bilatéraux entre l'Union européenne et la Suisse entreront en vigueur.
A la fin de l'année 2000, le temps se gâte. Le conseil d'administration de la Sabena se rend compte que la compagnie a besoin de capitaux pour un montant de 750 millions d'euros. Le consultant KPMG confirme. En janvier 2001, le gouvernement belge entame des négociations avec Swissair. Le ton monte.
Le ministre Daems se demande s'il n'est pas préférable de trouver un autre partenaire mais la banque ING Barings, consultée, estime que les chances sont minces. Il faut donc négocier avec Swissair. Finalement, un accord intervient le 24 janvier 2001. Swissair s'engage à prendre une participation de 85 % dans la Sabena et à la recapitaliser, à hauteur de 150 millions d'euros en cash. Le holding helvétique s'engage également à racheter des actifs de la Sabena pour un montant de 500 millions d'euros.
Rik Daems croit pouvoir dormir sur ses deux oreilles. Jusqu'à ce 19 février 2001, où Eric Honegger, président de Swissair, écrit au Premier ministre, Guy Verhofstadt et lui laisse entendre que le partenariat entre la Sabena et Swissair doit être revu.
Le mois suivant, Swissair honore toutefois son engagement de recapitalisation. Il verse 90 milliards d'euros, sur les 150 promis. Le solde doit être versé avant le 17 avril. Le 9 avril, Rik Daems écrit à Mario Corti, patron de Swissair lui enjoignant de payer. Pendant ce temps, Christoph Müller, patron de la Sabena, part à la recherche d'un nouveau partenaire. Un scénario de secours, qui prévoit la continuité des activités de la Sabena sans Swissair, est alors élaboré.
Le 16 mai, Ferd Chaffart, président du conseil d'administration de la Sabena, écrit à Mario Corti pour lui réclamer l'argent. Ce dernier répond, par courrier du 23 mai, qu'il ne payera pas, qu'il ne rachètera pas les filiales et qu'il ne contribuera pas au financement des Airbus. Quelques jours plus tard, Swissair émet une nouvelle proposition, réduisant à néant son apport de cash. Rik Daems refuse et lance un procès contre Swissair, le 3 juillet.
Les banquiers du holding helvétique exhortent Corti à trouver un accord à l'amiable. Ce sera fait le 16 juillet, entre Guy Verhofstadt et Mario Corti, en l'absence de Rik Daems. Le groupe suisse s'engage alors à payer 131 millions d'euros à la Sabena le 2 octobre. Il ne s'exécutera pas, provoquant la faillite

Guy Verhofstadt refuse de parler de la Sabena
La RTBF a interrogé mardi soir le Premier ministre sur des documents qu'il aurait refusé de remettre à la Commission Sabena. Le Premier s'est emporté et a refusé de répondre. Son cabinet parle d'un contexte relationnel difficile avec la RTBF et non d'une volonté de cacher quoi que ce soit sur la Sabena. (B.Dy)
« Le ministre a appliqué correctement les règles de gestion »
Pour justifier qu'il n'a pas commis de faute, le ministre des Participations publiques, Rik Daems, évoque à de nombreuses reprises, dans le rapport établi par ses avocats, le contexte difficile qui était déjà en place au moment de son arrivée, en juillet 1999.
Il évoque tout d'abord le premier partenariat entre la Sabena et Swissair, signé en 1995, par Elio Di Rupo (dont le nom n'est pas cité dans le rapport). Pour le ministre Daems, ces accords étaient imparfaits pour plusieurs raisons. D'abord, dès 1995, Swissair a acquis le pouvoir de gestion journalière de la Sabena. Or, dit le document, cette intégration n'était pas juridiquement encadrée par les accords signés en 1995.
D'autre part, Swissair n'était pas obligée de prendre la majorité dans la Sabena, en vertu de ces conventions. Le texte le prévoyait certes, remarque le rapport, mais cette prise de majorité était assortie de conditions irréalisables, rendant cette possibilité de prise de majorité inopérante.
Le ministre estime aussi qu'il était anormal que Swissair ne doive pas intégrer dans son bilan tout ou partie des comptes de la Sabena. Pour le ministre, une telle obligation de consolidation aurait rendu Swissair davantage responsable de la gestion de la Sabena, notamment au moment de prendre la décision d'acheter 34 Airbus, décision fermement recommandée par le groupe helvétique.
Enfin, pour Rik Daems et ses avocats, il n'était pas normal que le gouvernement belge ne dispose d'aucun moyen de contrôle sur la gestion du groupe Swissair.
Rik Daems indique avoir rémédié à ces lacunes lorsqu'il a signé de nouveaux accords avec Swissair, en avril 2000.
Le ministre s'est également vu reprocher d'avoir laissé se mettre en place une structure baptisée Airline Management Partnership (AMP), par laquelle la Sabena et Swissair fusionnaient certaines activités pour réduire les coûts. Beaucoup ont considéré que ce partenariat était défavorable à la Sabena. Dans le rapport, le ministre estime que la mise en place de l'AMP avait été négociée, dans les grandes lignes, avant son arrivée au pouvoir et que les conseils d'administration de Swissair et de la Sabena en avaient accepté le principe en juin 1999.
Rik Daems estime aussi que la Sabena était largement dépendante de Swissair à cause des ses faibles capacités financières, obérées, qui plus est, par la décision d'achat des Airbus (en 1997) et par deux contrats liant la Sabena à Virgin Express et à City Bird, signés avant son arrivée au pouvoir. Dans ce contexte, la compagnie n'intéressait pas de repreneur alternatif à Swissair.
Le rapport conclut que le gouvernement n'a commis aucune faute ni manquement et que le ministre des Participations publiques a « appliqué correctement les règles de gestion des sociétés (« corporate governance ») et respecté la répartition des rôles entre les administrateurs et les actionnaires ».·

mardi 8 novembre 2011

La gouvernance des entreprises publiques ...

Alain Flausch, directeur-général de la Stib (qui doit quitter son poste d’ici la fin de l’année), dans le magazine "Lobby" :
"La gouvernance des entreprises publiques autonomes est épouvantable. Les administrateurs n’ont aucune formation. Il faut requalifier le rôle des gens. Est-ce une vue élitiste ? Oui, parce que les gens mal formés détériorent progressivement les sociétés qui les occupent."

samedi 5 novembre 2011

Sabena et Swissair prêts au vol conjoint

20 février 1995, Di Rupo, chef d'orchestre des tractations de dernière minute:
Sabena et Swissair prêts au vol conjoint
Les responsables de Sabena et Swissair pourraient très bien, dans le climat actuel de suspicion et de brouillard politique, se poser des questions: qui sommes-nous, où allons-nous, dans quelle galère voguons-nous? Non, sur le plan opérationnel, tous les plans de collaboration, de synergies sont sur la table et n'attendent que le feu vert du gouvernement belge, représentant l'Etat comme actionnaire majoritaire de la Sabena, pour pouvoir être lancés. Tant dans le domaine informatique que pour la mise en concordance des flottes, la couverture du réseau européen et mondial, le contrat de mariage est prêt.
Par contre, l'accord sur les conditions d'une prise de participation de Swissair dans le capital de la Sabena n'est pas bouclé. Il reste peu de temps pour le gouvernement avant la dissolution. Un épilogue heureux de la saga Sabena-Swissair devrait donc intervenir dans les quinze prochains jours mais le tout est de voir quel montage financier tiendra la route. Les données de base n'ont pas changé pour l'offre de Swissair: la compagnie suisse était prête à mettre 12 milliards de francs belges sur la table. Une injection bienvenue qui réglait le problème de sous-capitalisation chronique de la compagnie belge. Mais du côté de la Sabena, la valorisation de la société était basée sur un plan d'affaires de 5 ans, comprenant notamment la formule de «délocalisation» des pilotes et d'une partie de la flotte, qui permettait une économie de l'ordre de 6 milliards FB à terme. Le scénario avait d'ailleurs reçu le soutien à l'unanimité des administrateurs de la Sabena.
Entretemps, la manoeuvre a été court-circuitée par la montée au créneau de ténors politiques, provoquant un jeu de dominos au terme duquel la majorité des membres du gouvernement ont dénoncé cette idée de délocalisation. Le projet a donc été mis au frigo, l'économie escomptée rayée du plan d'affaires et automatiquement, la valorisation de la Sabena a chuté d'un cran. Ce qui a amené Swissair à revoir ses cartes, toujours dans l'objectif de prendre une participation de 49 % dans le capital de la Sabena.
Dans l'un des derniers scénarios envisagés, Swissair investirait 6 à 8 milliards de FB directement dans le capital de la Sabena et l'Union des Banques Suisses (UBS) souscrirait un emprunt de 4 milliards, garanti par la CGER-Holding, de façon à permettre à l'Etat belge de financer le rachat des parts d'Air France.
Un montage financier qui est susceptible d'évoluer de jour en jour. A l'heure actuelle, les administrateurs de la Sabena sont pieds et poings liés puisque que c'est le ministre de tutelle, Elio Di Rupo, qui mène les tractations au nom de l'actionnaire majoritaire. Mais même si les responsables de Swissair estiment qu'on est sur le bon chemin, il reste encore des embûches. Puisque la piste de la délocalisation a été abandonnée, le négociateur devra trouver d'autres formules d'économie, de façon à montrer au futur partenaire que la Sabena peut devenir rentable et lui rendre ses lettres de noblesse.

vendredi 4 novembre 2011

L'année 2012 accueillerait le lancement d'un abonnement scolaire MTB (métro, train, tram, bus) qui permettrait à l'usager de se déplacer également, à l'intérieur des frontières régionales, sur les lignes SNCB et les réseaux urbains bruxellois De Lijn et Tec.

Les membres du conseil d'administration de la Stib viennent de recevoir la tarification des titres de transport proposée par la direction et le cabinet de la ministre Grouwels pour 2012.
 
Les abonnements destinés au moins de 25 ans augmenteraient :

  • l'abonnement mensuel MTB passerait de 39,50 à 45,50 euros (+ 15,20 %),
  • l'abonnement annuel MTB de 415 à 476 euros (+ 14,70 %),
  • l'abonnement mensuel Stib de 35,50 à 41 euros (+ 15,50 %)
  • et l'abonnement annuel Stib de 373 à 430 euros (+ 15,30 %).

mercredi 2 novembre 2011

Chômage.fr [et retraites]

Selon la CNAV, en 2011, le nombre de départs est passé en dessous de la barre des 650.000, soit près de 100.000 de moins qu'en 2010. La baisse va se poursuivre en 2012, mais un pic de 725.000 départs est attendu en 2014 à cause du décalage prévu par la réforme Woerth/Fillon : en effet, la génération 1952 doit partir à 60 ans et 8 mois, la génération 1953 à 61 ans (soit en 2014), et les générations 1956 et plus à 62 ans.

C'est tout bénef pour la CNAV...

On le sait, la réforme des retraites de 2010 recule les bornes d'âge de 60 à 62 ans d'ici 2018 pour l'âge légal de départ, avec l'obligation d'avoir cotisé 41,5 ans soit 166 trimestres, à partir de la génération 1955. De même, l'âge du taux plein à partir duquel un assuré peut recevoir une pension sans décote même s'il n'a pas assez cotisé, passera à 67 ans d'ici 2023.

Du coup, la CNAV estime que la réforme permettra l'amélioration de son solde de 1,7 milliard d'euros en 2012, et 5,1 milliards en 2015. Selon les prévisions, son déficit cumulé serait de -5,8 milliards en 2012, puis se stabiliserait à -5,9 milliards en 2013 pour baisser progressivement à -4,6 milliards en 2015 : bref, c'est une bonne nouvelle.

... Mais pas pour l'Unedic !

mardi 1 novembre 2011

«Consolidons le partenariat avec Swissair»

L'avenir de la Sabena est écrit dans les étoiles
Mercredi 19 avril 2000 : «Consolidons le partenariat avec Swissair»
Philippe Suinen, vice-président du conseil d'administration de Sabena, défend le scénario de la fusion.

Les membres du conseil d'administration de Sabena s'expriment rarement. En réponse à nos informations sur la prise de contrôle de fait de Sabena par Swissair («Le Soir» du 18 avril), Philippe Suinen, vice-président du CA de l'entreprise publique, s'explique. Il ne nie pas que Swissair ait mis le grappin sur la Sabena... Tout simplement parce que l'accord de 1995 autorise le groupe suisse à monter en puissance dans le capital de Sabena. Problème: le gouvernement n'a toujours pas donné son feu vert à l'opération! En attendant, Swissair reste minoritaire.
* Qui contrôle la Sabena pour le moment?
*Le conseil d'administration prend les décisions stratégiques. Mais ce n'est pas lui qui gère au quotidien. Paul Reutlinger (l'administrateur délégué de Sabena, Ndlr) est un gestionnaire loyal. Les conseils de Sabena et de Swissair ont déjà tenu des réunions communes. C'est là que se prennent les orientations stratégiques. Parmi celles-ci, il y a la réduction des coûts. C'est ce que nous faisons en intégrant les réseaux commerciaux, la flotte ou les réseaux tout court. Chacun reste ce qu'il est, les structures décisionnelles sont assez équilibrées.
* On dit que tout se décide à Zurich et que le conseil avalise simplement les décisions prises par Philippe Bruggisser, le grand patron du SAirGroup. Qu'en pensez-vous?
*M. Bruggisser siège au conseil d'administration. Mais ce n'est pas pour cette raison que nos réunions se limitent à des monologues de Bruggisser...
*La grande crainte des «sabéniens», c'est que les réductions de coûts se traduisent par des pertes d'emploi à partir de l'an prochain. Que répondez-vous?
*L'Etat a toujours été attentif à cela. Les chiffres de l'emploi sont positifs, Sabena affiche une croissance de l'ordre de 5 % par an. Il y a eu mille contrats d'emploi en plus l'année dernière.
*Mais les effectifs sont restés constants à environ 12.000 équivalents temps plein...
*Il ne faut pas oublier qu'il y a eu des années où nous étions en dessous de 10.000 emplois.
* Swissair détient 49,5 % du capital de Sabena, mais se comporte depuis quelques mois comme s'il en contrôlait déjà la majorité. Est-ce normal?
*D'après l'accord de 1995, Swissair est en droit de prendre la majorité du capital de Sabena lorsque les conditions seront réalisées (pas avant l'an 2000 et après l'approbation d'un accord bilatéral entre l'Union européenne et la Confédération helvétique sur la prise de contrôle d'une compagnie aérienne d'un pays membre de l'UE par une compagnie non européenne, Ndlr) . Comme l'Etat a toujours été un partenaire loyal, j'estime intéressant, utile et profitable pour tout le monde de conserver une sorte d'espace de contacts stratégiques entre Swissair et l'Etat fédéral. C'est une question de respect de la Belgique en tant que membre de l'Union européenne, avec une activité économique et l'emploi qui se développent.
*Comment peut-on garantir le maintien de l'emploi et celui du hub de Bruxelles quand le centre de décision ne sera plus belge?
*On peut le faire par une minorité de blocage. Mais on peut aussi être plus imaginatif, par exemple en gardant un espace de concertation pour que des contacts et des conversations aient lieu afin de garder constante cette préoccupation de développement de l'emploi et de l'activité économique. Cela peut se faire sous la forme d'un comité de concertation ou d'un comité stratégique.
*C'est le scénario qui est suivi pour l'instant?
*Ce scénario est toujours en discussion au niveau du gouvernement... On peut aussi prévoir une formule mixte avec une participation de l'Etat dans le capital de Swissair ou du holding SAirGroup. Quelles que soient les modalités de l'accord, il est très important de garder ce cadre de contacts stratégiques.
*Dans l'absolu, quel serait le scénario idéal pour l'avenir de Sabena?
*Une accentuation du partenariat avec Swissair et le respect des accords passés avec le gouvernement. Je rappelle au passage que grâce à une meilleure intégration des flottes, nous avons pu consolider les activités de Sabena Technics. Cela a déjà été contractualisé avec Swissair. Bruxelles et Zurich sont tout à fait complémentaires, c'est une opération «win-win» que nous menons. Sabena a tout intérêt à consolider son partenariat avec Swissair.