mardi 1 novembre 2011

«Consolidons le partenariat avec Swissair»

L'avenir de la Sabena est écrit dans les étoiles
Mercredi 19 avril 2000 : «Consolidons le partenariat avec Swissair»
Philippe Suinen, vice-président du conseil d'administration de Sabena, défend le scénario de la fusion.

Les membres du conseil d'administration de Sabena s'expriment rarement. En réponse à nos informations sur la prise de contrôle de fait de Sabena par Swissair («Le Soir» du 18 avril), Philippe Suinen, vice-président du CA de l'entreprise publique, s'explique. Il ne nie pas que Swissair ait mis le grappin sur la Sabena... Tout simplement parce que l'accord de 1995 autorise le groupe suisse à monter en puissance dans le capital de Sabena. Problème: le gouvernement n'a toujours pas donné son feu vert à l'opération! En attendant, Swissair reste minoritaire.
* Qui contrôle la Sabena pour le moment?
*Le conseil d'administration prend les décisions stratégiques. Mais ce n'est pas lui qui gère au quotidien. Paul Reutlinger (l'administrateur délégué de Sabena, Ndlr) est un gestionnaire loyal. Les conseils de Sabena et de Swissair ont déjà tenu des réunions communes. C'est là que se prennent les orientations stratégiques. Parmi celles-ci, il y a la réduction des coûts. C'est ce que nous faisons en intégrant les réseaux commerciaux, la flotte ou les réseaux tout court. Chacun reste ce qu'il est, les structures décisionnelles sont assez équilibrées.
* On dit que tout se décide à Zurich et que le conseil avalise simplement les décisions prises par Philippe Bruggisser, le grand patron du SAirGroup. Qu'en pensez-vous?
*M. Bruggisser siège au conseil d'administration. Mais ce n'est pas pour cette raison que nos réunions se limitent à des monologues de Bruggisser...
*La grande crainte des «sabéniens», c'est que les réductions de coûts se traduisent par des pertes d'emploi à partir de l'an prochain. Que répondez-vous?
*L'Etat a toujours été attentif à cela. Les chiffres de l'emploi sont positifs, Sabena affiche une croissance de l'ordre de 5 % par an. Il y a eu mille contrats d'emploi en plus l'année dernière.
*Mais les effectifs sont restés constants à environ 12.000 équivalents temps plein...
*Il ne faut pas oublier qu'il y a eu des années où nous étions en dessous de 10.000 emplois.
* Swissair détient 49,5 % du capital de Sabena, mais se comporte depuis quelques mois comme s'il en contrôlait déjà la majorité. Est-ce normal?
*D'après l'accord de 1995, Swissair est en droit de prendre la majorité du capital de Sabena lorsque les conditions seront réalisées (pas avant l'an 2000 et après l'approbation d'un accord bilatéral entre l'Union européenne et la Confédération helvétique sur la prise de contrôle d'une compagnie aérienne d'un pays membre de l'UE par une compagnie non européenne, Ndlr) . Comme l'Etat a toujours été un partenaire loyal, j'estime intéressant, utile et profitable pour tout le monde de conserver une sorte d'espace de contacts stratégiques entre Swissair et l'Etat fédéral. C'est une question de respect de la Belgique en tant que membre de l'Union européenne, avec une activité économique et l'emploi qui se développent.
*Comment peut-on garantir le maintien de l'emploi et celui du hub de Bruxelles quand le centre de décision ne sera plus belge?
*On peut le faire par une minorité de blocage. Mais on peut aussi être plus imaginatif, par exemple en gardant un espace de concertation pour que des contacts et des conversations aient lieu afin de garder constante cette préoccupation de développement de l'emploi et de l'activité économique. Cela peut se faire sous la forme d'un comité de concertation ou d'un comité stratégique.
*C'est le scénario qui est suivi pour l'instant?
*Ce scénario est toujours en discussion au niveau du gouvernement... On peut aussi prévoir une formule mixte avec une participation de l'Etat dans le capital de Swissair ou du holding SAirGroup. Quelles que soient les modalités de l'accord, il est très important de garder ce cadre de contacts stratégiques.
*Dans l'absolu, quel serait le scénario idéal pour l'avenir de Sabena?
*Une accentuation du partenariat avec Swissair et le respect des accords passés avec le gouvernement. Je rappelle au passage que grâce à une meilleure intégration des flottes, nous avons pu consolider les activités de Sabena Technics. Cela a déjà été contractualisé avec Swissair. Bruxelles et Zurich sont tout à fait complémentaires, c'est une opération «win-win» que nous menons. Sabena a tout intérêt à consolider son partenariat avec Swissair.

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